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auteur Valère Novarina

A propos

Le théâtre de la parole L’Acte inconnu, nouvel opus de Valère Novarina, fait l’ouverture du Festival d’Avignon. La pièce, créée le 7 juillet, convoque tous les genres de la scène pour donner à entendre la fin de l’humanité. C’est immanquable. Lire, même à voix muette, les pièces de Valère Novarina, c’est se projeter des images. Des images invisibles pour les yeux. C’est s’ouvrir des espaces où s’entrechoquent les surprises, les rires, les interrogations, une déferlante de sensations qui vont vite, disparaissent, reviennent. C’est entrer dans la matière sonore de mots qui sont parfois des néologismes, des accidentés du lexique, des survivants du dialecte. Des rythmes, entre procès et prières, vindictes et supplications, font surgir aussitôt des figures, des silhouettes, un parler ancien à quoi se mêle un...
juillet 2007
Le Matricule des Anges n°85

Novarina, naissance par les gouffres

Les éditions P.O.L. publient L’Animal du temps et l’Inquiétude de Valère Novarina et les éditions Tristram proposent les mêmes textes, joués par André Marcon son acteur fétiche, gravés sur deux disques compacts. Rencontre avec un écrivain à lire et à entendre. A propos de l’œuvre de Novarina Philippe Sollers écrivait dans le Monde du 22 août 1980 : « Je ne crois pas qu’on ait jamais rien exprimé d’aussi précis, d’aussi violent et lucide sur les techniques d’écriture (…) que le discours académique et le marché s’en défendent, rien de plus normal (…), mais l’art nouveau, l’esprit nouveau n’en continuent pas moins leur marche. Ars nova, ars...
avril 1993
Le Matricule des Anges n°4

André Marcon : la voix de Novarina

Sortie, en disque compact, de L’Inquiétude, le monologue de Valère Novarina joué par André Marcon. A écouter avant la parution, en juin du texte aux éditions P.O.L. Main divine, lève-toi de moi, arrache de moi ce plafond ! Que faire d’une vie avant la mort ? » La voix monte, monte vers d’inaccessibles cieux, s’enroulant en fin de souffle, comme une déferlante, résonnant encore, le verbe tu, fouillant de ses mots le ventre de l’auditeur. L’Inquiétude de Valère Novarina vous prend au foie, à l’organique, vous touche physiquement, porté, lancé, jeté par...
janvier 1993
Le Matricule des Anges n°3

Ouvrages chroniqués

La Loterie Pierrot
de Valère Novarina
2009
Si l’habit ne fait pas le moine, il y contribue. Car cette nouvelle édition d’un texte déjà beaucoup retravaillé consiste en un appareil éditorial solide et soigné, de manière telle que le projet même de l’auteur s’y manifeste avec force. Format confortable, notes curieuses et abondantes, nombreuses photographies (de personnes citées) en noir et blanc, et textes périphériques éclairant l’esprit de l’entreprise, concourent à faire émerger aux yeux du lecteur les valeurs que Novarina défend et explore : le local, le particulier, le contingent. On y chercherait en vain une quelconque...
Marta Krol
octobre 2009
Le Matricule des Anges n°107
L' Opérette imaginaire
de Valère Novarina
Parodique et clownesque, la nouvelle pièce de Valère Novarina s’inscrit cependant bien dans une œuvre qui pointe le néant où l’homme erre. Plus que jamais peut-être, le théâtre de Valère Novarina pose le problème de sa publication en livre. Le lire est ardu, non pour la langue inusitée et monstrueuse de l’auteur mais parce que bon nombre de répliques jouent de l’ambiguïté. On connaît la voix plaintive d’André Marcon dans Le Discours aux animaux. Dressé par une langue qui le constitue autant qu’elle crée le monde, l’acteur est seul face au néant et face à Dieu. Avec L’Opérette imaginaire, il semble que Valère Novarina a pris de la distance vis-à-vis de ses personnages. Leurs voix ont beau élever leurs plaintes ( « Ô ma mort,...
Thierry Guichard
mai 1999
Le Matricule des Anges n°26
La Chair de l’homme
de Valère Novarina
1995
Nommer c’est créer. Fort de ce credo, Valère Novarina convoque plus de trois mille bouches pour manger le monde tout en le créant. Gigantesque. Il faut lire Valère Novarina à voix haute. Laisser le ventre, puis les poumons éjecter ces mots que lisent nos yeux. Il faut y aller franchement, comme on plongerait dans une piscine. Ne pas s’arrêter tout de suite au déchiffrage, à la quête du sens. Novarina écrit d’abord en rythmes, en sonorités. Ses phrases rebondissent de césures en rimes, d’alitérations en inventaires. Il faut s’y laisser prendre, s’y faire charrier, retrouver le mouvement d’une langue qui ne cesse de créer le monde. La Chair de l’homme s’ouvre par une double énumération : celle d’abord de paroles lancées par des...
Thierry Guichard
mars 1995
Le Matricule des Anges n°11
Le Repas
de Valère Novarina
1996
Adaptation de son précédent livre, Le Repas de Valère Novarina convie les spectateurs à partager un menu gargantuesque et mystique. Ils étaient neuf acteurs et actrices en novembre dernier au Centre Georges-Pompidou à créer, sous la direction de Claude Buchvald, l’adaptation pour la scène de La Chair de l’homme de Valère Novarina.Neufs comédiens pour bien plus de rôles, ou plutôt, de voix.Car dans le théâtre de Novarina, totalement dépourvu de psychologie,les personnages qui viennent s’exprimer ne sont guère des êtres.Plus abstraits que les figures beckettiennes, ils sont, avant tout, des organes à parler. « La Mangeuse Ouranique, Le Mangeur d’Ombre, La Mangeuse Onomate, Le Mangeur Longis » et avec eux « Jean à Dent,...
Thierry Guichard
mars 1997
Le Matricule des Anges n°19