La rédaction Anne Kiesel
Articles
Les saines colères de Lamia Ziadé
Dans ce livre foisonnant et illustré, l’artiste et autrice tisse des épisodes de sa vie, entre Beyrouth et Paris, mêlés d’une rêverie légèrement dystopique.
Pour qui aime les livres basés sur le réel : offrez-vous ce shot de vie intense. Avec, en couverture, un verre à Martini renversé, qui dégouline d’alcool. À moins qu’il en coule des pleurs, voire du vomi ? Offrez-vous cet objet littéraire bâtard, livre illustré, bourré de fantaisies typographiques, avec des photos parfois vieilles ou mal éclairées, des dessins, des calligrammes, des trouvailles pleines de vie, de douleur et de liberté. Ce récit d’une sincérité désarmante, une tranche de vie de quelqu’un qui a tant traversé.
Lamia Ziadé, artiste libanaise née en 1968, est connue pour...
Mollesse de Franck Mignot
Sur les photos proposées par l’éditeur, Franck Mignot a l’œil rieur. Il ne faut (évidemment) pas se fier à l’apathie du titre de ce premier roman. On est tout de suite prévenu : il ne dédicace son livre ni à son épouse bien-aimée, ni à X et Y, ses enfants chéris, mais « À la merde qui sent toujours, quoi qu’il arrive ». Compte-t-il suivre la voie ouverte, en 2011 chez le même éditeur, par...
La révolte des ovalistes
En 1869, la première grève menée par des femmes eut lieu, à Lyon, parmi les ouvrières de la soie. Ce beau roman réinvente ce moment historique.
Autrice de plus de trente ouvrages, romans, récits, littérature pour enfants, poésie, Maryline Desbiolles possède solidement en mains son métier d’écriture. Un métier salué par plusieurs prix, dont le Femina en 1999 et le prix Franz-Hessel en 2022.
Dans Il n’y aura pas de sang versé, elle fait découvrir le monde peu connu des ovalistes, ces ouvrières de la soie, à Lyon au XIXe siècle, qui...
Déperdition de la chaleur humaine de Bergsveinn Birgisson
Un pays aussi étrange et intense que l’Islande ne peut pas engendrer de littérature tiède. Déperdition de la chaleur humaine commence pourtant doucement. Le narrateur nous parle de son « ami dépressif », salement atteint, à tel point qu’il se trouve interné en hôpital psychiatrique. Évidemment, le plus fou des deux n’est pas celui qu’on croit. Et le dessin sur la couverture du livre (une...
Les effleurements de Georges Peignard
Les mains dans la matière, l’esprit léger. Il est sculpteur et peintre, et quand il commence à écrire, il le fait comme personne.
Il était enfant en 1969, quand Apollo 11 s’est posé sur la Lune. Avec ses parents, il a écouté le compte-rendu à la radio, puis a vu les images du retour sur Terre. Il en a gardé un souvenir pas du tout ébloui. « Du cœur de ces machines, on extrayait des hommes à l’allure de lourds et maladroits bibendums, agitant une main face aux caméras et s’obligeant à un sourire forcé. » Georges Peignard...





