La rédaction Anne Kiesel
Articles
Les saines colères de Lamia Ziadé
Dans ce livre foisonnant et illustré, l’artiste et autrice tisse des épisodes de sa vie, entre Beyrouth et Paris, mêlés d’une rêverie légèrement dystopique.
Pour qui aime les livres basés sur le réel : offrez-vous ce shot de vie intense. Avec, en couverture, un verre à Martini renversé, qui dégouline d’alcool. À moins qu’il en coule des pleurs, voire du vomi ? Offrez-vous cet objet littéraire bâtard, livre illustré, bourré de fantaisies typographiques, avec des photos parfois vieilles ou mal éclairées, des dessins, des calligrammes, des trouvailles pleines de vie, de douleur et de liberté. Ce récit d’une sincérité désarmante, une tranche de vie de quelqu’un qui a tant traversé.
Lamia Ziadé, artiste libanaise née en 1968, est connue pour...
Le Livre de Gabert de Paul Fournel
Le rire conserve. Prenez Paul Fournel, grand oulipien devant l’Éphémère (il a rejoint l’Oulipo en 1972) et auteur de plus de trente livres. Son dernier roman, Le Livre de Gabert, est un hymne à l’écriture, aux relations humaines et à la picole. On le lit la joie aux joues. Gabert, personnage attachant et grassouillet, s’exile dans un patelin paumé. Lui le Parisien fauché, auteur de polars...
Boulevard intérieur
Michèle Audin, mathématicienne et spécialiste de la Commune de Paris, jette un regard malicieux sur l’artère Voltaire.
C’est un livre qui ne ressemble à rien. Rien de connu par ailleurs ou de déjà lu. Il est composé de chapitres aux styles très différents, suivis d’une série de poèmes. Michèle Audin s’impose deux contraintes géographico-littéraires (ce n’est pas pour rien qu’elle est membre de l’Oulipo). D’abord elle suit le boulevard Voltaire, « la plus longue ligne absolument droite du Paris haussmannien :...
Gina de Maria Climent Huguet
Elle dépote, Maria Climent Huguet ! Dans ce premier roman, paru en 2019 en catalan, elle attaque avec un humour retentissant. L’autrice, traductrice, dote son personnage, Gina, de ce même métier. Gina vit avec Fran, un musicien (certes fauché et en quête de succès), mais un vrai artiste, alors qu’elle ne sait rien faire d’autre que traduire. « Quand je danse, par exemple, on pourrait se...
De la peinture et de la survie
Le goût du café, le regard de celui qui dessine, des migrants qui prennent la mer et de vrais salauds sont les ingrédients de ce premier roman « sicilien ».
Peindre à Palerme. Le titre, alléchant, offre une allitération, un de ces petits cadeaux qui seront glissés au lecteur, non sans malice, à plusieurs reprises au cours du roman (nous y reviendrons). Quand la littérature prend pour thème la peinture, ça peut donner des trésors.
On commence par suivre un personnage un peu étrange, qui arrive à Palerme en ferry et file fissa voir l’Annuciata, au...





