La rédaction Anthony Dufraisse
Articles
Pessoa puissance 3
Imaginer la vie de trois des plus connus hétéronymes de Fernando Pessoa, c’est le pari – réussi – de ce roman du caméléon Matthieu Mégevand.
Un roman ludique et profond à la fois » ; c’est en ces termes que l’éditeur nous présente le nouveau livre de Matthieu Mégevand, né à Genève en 1983, auteur ces dernières années de La Bonne Vie, Lautrec ou Tout ce qui est beau, entre autres. Ludique, oui, parce que le quadra suisse s’amuse sérieusement à donner vie à trois des plus fameux hétéronymes – Alberto Caeiro, Ricardo Reis et Alvaro de Campos – du définitivement toujours fascinant poète portugais Fernando Pessoa (1888-1935). Et profond en même temps, oui encore, car au-delà du romanesque assumé de l’entreprise, il y a, en fil...
Un livre
La Lune dans le caniveau
de
David Goodis
Goodis le ténébreux
D’une écriture sans éclat, le romancier américain n’aura jamais peint que la noirceur des vies toutes entières vouées à la fatalité.
De deux choses l’une : soit les Français ont un flair hors pair, soit les Américains ont la truffe bouchée. Car enfin, depuis ses débuts, les Français ont vu en David Goodis (1917-1967) un écrivain authentique alors que ses propres compatriotes, pendant longtemps, ne virent jamais en lui qu’un romancier de gare et guère plus. En France, dès l’après-guerre, Goodis a été promu parmi les grands...
Un livre
L' Effort du monde au matin pour redevenir soleil
de
Christine Spianti
Sur la route
Quand on y pense et sans avoir à trop forcer son imagination, une voiture peut tout à fait se transformer en salle de cinéma. Où qu’on regarde, pare-brise, rétroviseurs, vitres, on a, au volant, l’œil sur toutes sortes d’écrans de cinémascope. Où que les yeux se portent, vers l’avant, vers l’arrière, sur les côtés tout aussi bien, sans interruption se déroule ici ou là un cinéma qui ne peut...
Un livre
Oeuvre poétique
de
Alejandra Pizarnik
Ténèbres argentines
Septembre 1972 : Alejandra Pizarnik se suicide. Intense et fulgurante, son écriture n’aura jamais compensé un tenace mal de vivre.
En avril 1972, Alejandra Pizarnik note fébrilement : « La mort se referme sur moi, elle est mon seul horizon ». Six mois plus tard, la menace est autrement réelle : « Je suis la nuit et nous avons perdu », écrit-elle cette fois, un tube de somnifères à portée de main. Ce sentiment de perdition a toujours présidé à sa vie. Le suicide du 25 septembre 72 n’est jamais que le point final d’une...

