La rédaction Anthony Dufraisse
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Techno, boulot, dodo
La primo-romancière Sarah Orokieta raconte l’ordinaire d’une vie d’homme aujourd’hui, pour qui tout devient aventure.
L’éditeur ne nous dit pas grand-chose de l’autrice, Sarah Orokieta – elle est née en 1977, vit dans le canton du Valais, en Suisse. Sur son compte Insta, elle se présente comme « autodidacte, écrivaine, plasticienne ». Passons vite sur les éléments biographiques pour dire d’emblée tout le bien que l’on pense de ce premier roman particulièrement réussi dans le genre que l’on pourrait appeler mine de rien. Car sans en avoir l’air, cette quadra raconte notre époque, ses tics et ses tocs, son tempo sous le vernis du travail et de la routine quotidienne. Comment s’y prend-elle ? En déléguant à...
Sous les radars
C’est un avocat bienveillant qui parle : « Vous n’aviez pas prévu d’être sans papiers, n’est-ce pas ? » Nourri de sa propre expérience, le récit que signe la Comorienne Touhfat Mouhtare raconte la construction d’une « vie autour du qui-vive ». Étudiante menacée d’expulsion parce qu’en situation irrégulière après « un petit mouvement de révolte » (le refus de sacrifier aux contraintes...
Nourrices de Séverine Cressan
L’histoire se déroule probablement au début ou au milieu du XIXe siècle, époque où se pratique couramment le « nourrissage ». C’est-à-dire « la possibilité de vivre de son lait ». Concrètement, une femme de la campagne allaitait le bébé d’une autre, de condition privilégiée, jusqu’au moment du sevrage, et ce moyennant rétribution. Ce système, dans lequel certains hommes se sont fait...
Le bonheur (contrarié) du skieur
La couverture est d’un blanc floconneux. Clin d’œil, sans doute, à cette neige qui enchante, saison après saison, le mordu de ski s’adonnant tout entier à la douce « futilité des plaisirs hivernaux ». Tout bon amateur de glisse suivra sans se débiner les traces des skis que laisse derrière lui Laurent Buffet, né en 1971 dans les Alpes, émérite descendeur variant tout schuss, slaloms et...
Dedans dehors
Avec L’Application des peines, Didier Castino nous montre comme la privation de liberté agit sur un corps, une psyché.
On n’arrête pas les hommes qui nagent dans la nuit. » C’est l’une des dernières phrases du livre, et probablement la plus forte de ce roman, le cinquième de Didier Castino depuis Après le silence, en 2015, année qui a vu cet enseignant né en 1966 apparaître sur la scène littéraire. Castino est un auteur que l’on pourrait dire engagé, quelqu’un qui se nourrit du réel, des parcours, souvent...





