La rédaction Chloé Brendlé
Articles
Le frère qui reste
Dans Hors champ, Marie-Hélène Lafon retrace les vies parallèles d’un frère et de sa sœur sur presque un demi-siècle et signe un de ses récits les plus poignants.
Cela commence comme une rédaction d’enfance, très simple, avec une balançoire qui grince, au présent de l’indicatif. Et puis ce présent s’élargit, enveloppe un petit garçon dont l’esprit s’évade lors d’un cours de catéchisme, sa grande sœur qui regarde la télé avec lui adolescent dans la cuisine, sa sœur qui va au pensionnat dans les années 1970 tandis que lui prépare un brevet agricole, elle qui revient l’été quand lui fuit la fête patronale, lui qui remâche les souvenirs, à 30 puis 40 ans, elle qui le cherche dans le champ pour lui souhaiter ses 50 ans, elle qui écrit des livres à Paris...
En eaux troubles
Entre autoportrait et discours, récit et performance poétique, Irma Pelatan nous plonge, au sens propre comme au figuré, dans son bain d’écriture. Place à la fantaisie et à la gravité.
Basculement-mère. Quand on écrit le titre du nouveau livre d’Irma Pelatan, le correcteur orthographique suggère « musculairement ». Ce qui n’est pas absurde si l’on en croit les premières phrases (« Amies, c’est presque noyée que je vous écris. / Affronter d’emblée l’histoire de la Littérature est démesuré. ») et si l’on a la curiosité de scanner le QR code qui nous invite à voir l’écrivaine...
L’Heure des garçons d’Andreas Burnier
Pendant la guerre, je n’ai pas attrapé de poux et je n’ai pas couché avec un garçon. Ce sont les deux seules choses que j’ai réussi à éviter. » Ainsi parlait Simone, l’héroïne détonnante de L’Heure des garçons. Âgée de 10 ans en 1941, rêvant de devenir un garçon et commençant à désirer les filles, juive hollandaise contrainte de se séparer de sa famille pour errer d’un refuge à un autre, elle...
L’élégie, concentré(e)
Dans Départs de feu, vrai-faux journal intime, le poète et romancier Olivier Cadiot revisite sa chère solitude, et comprime pour nous le temps et l’émotion.
Par quel bout prendre ces Départs de feu ? Peut-être par la table des matières : chaque titre de chapitre est une mention temporelle, comme un journal intime, qui démarrerait le « 16 mars 2023 » et finirait au « Milieu de l’été 2024 », mais vrillerait entre-temps avec des dates fantaisistes « 30 mars 1544 », « Fin juin 1789 », ou très vagues, comme « Quelques jours plus tard », ou...
Au non du père
Dans un récit hybride et rêveur, Marie NDiaye propose quatre variations autobiographiques sur les origines familiales et revient en particulier sur la figure de son père, sénégalais, qui a quitté très tôt femme et enfants.
Que savons-nous de nos proches ? Sous quelle forme retrouverons-nous des personnes que nous avons côtoyées mais dont nous nous sommes éloignés ? Ces questions hantent l’œuvre de Marie NDiaye. Elles ont souvent pris une tournure fantastique : dans La Sorcière, le père était littéralement transformé en escargot, dans Rosie Carpe, les parents avaient rajeuni jusqu’à presque devenir les...




