La rédaction Didier Garcia
Articles
Alea jacta est
Avec L’Homme-dé, le romancier américain Luke Rhinehart annonce l’avènement de l’homme aléatoire. Pour le meilleur et pour le pire.
Après une partie de poker bien arrosée, Luke Rhinehart, un psychiatre new-yorkais qui s’ennuie à mourir dans sa vie bien rangée de mari, de père de famille et de psychanalyste, laisse soudain un dé décider pour lui s’il doit violer sa voisine, laquelle s’avère être la femme de son meilleur ami. Même si celle-ci ne se fait pas prier pour s’autoriser une digression sexuelle inattendue, cette première expérience avec les dés va jouer un rôle décisif, aussi bien dans la vie de Luke que dans ce roman. Un rôle en quelque sorte fondateur : désormais, ce sont les dés qui décideront pour lui et...
La mort de l’écrivain
Une maison hantée en plein n o man’s land : un décor stérile pour fixer l’agonie d’un écrivain raté. Oliver Onions entre peurs et douleurs.
Offrons-nous pour quelques lignes l’immense privilège de jouer avec l’histoire littéraire. Imaginons par exemple Proust, rue Hamelin, tout à la rédaction de sa Recherche. Soudain -il aura peut-être suffi d’une légère contrariété, d’un bruit un peu trop insistant-, Proust décide de quitter sa célèbre chambre tapissée de liège pour un intérieur plus propice aux longues heures de travail. Mais...
L’agonie d’un archipel
Neuf nouvelles pour dire les deuils des Philippines et décrier les abus du pouvoir. Première traduction d’un écrivain engagé, sans complaisance.
La comparaison paraîtra peut-être impertinente, mais il en est des préfaces comme des hors-d’œuvre : certains, trop copieux, rassasient, alors que d’autres, plus légers, ne font qu’affriander. La préface d’Amina Saïd, poète et traductrice de ce volume, n’impose aucune idée péremptoire, épargne les rapprochements aguicheurs avec les plus grands auteurs du siècle, pour s’en tenir strictement à...
Clichés de Bretagne
Dans son quatrième roman Ricardo Montserrat explore l’imaginaire breton pour une histoire sentimentale gentillete et banale. Sans éclat.
C’est à la page 179 que Ricardo Montserrat reconnaît avoir brouillé les pistes : Letranger dissimulait Tréguier -une bourgade des Côtes-d’Armor où l’auteur séjourna après avoir obtenu une bourse littéraire-, Port-Glas masquait la Roche Jaune, Tranger Trégor… Un décor donc bien réel, un petit bout de pays nommé le Trégorrois, délimité à l’est par la baie de Saint-Brieuc, à l’ouest par la...
La souffrance au féminin
Un premier roman à la manière d’un chant d’adieu pour une plongée dans les ultimes moments de la vieillesse. Une rencontre bouleversante.
Les personnages : une jeune femme qui renoue avec la petite fille qu’elle était, une vieille femme qui redevient la dame qu’elle était, une femme polonaise qui crie quand il pleut, Zelda-la-folle qui appelait la vieille femme Mamina, d’autres femmes très âgées qui dessinent des ronds sur les fenêtres embuées et qui lêchent les carreaux froids, des dames noires, des dames blanches. Les...





