La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Un auteur
Solari rebâtit
Filleul de Zola, Émile Solari l’utopiste œuvrait pour un art utile. Sus au charbon, clamait-il en organisant un beau déluge et une sagesse paradoxale.
En 2013, l’exposition Andreï Tarkovski qui s’est tenue à la Maison d’Ailleurs (Yverdon) aurait pu donner à un éditeur l’idée de rééditer Émile Solari. Le musée hérité de Pierre Versins et de son Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction (L’Âge d’homme, 1972) avait alors posté en vitrine un exemplaire de La Cité rebâtie, un roman de 1908 qui peut combler...
Chagrins enfouis à Paris
Le plus parisien des écrivains du siècle dernier, Léon-Paul Fargue, n’avait toujours pas d’œuvres complètes. Cette scandaleuse lacune est comblée. Les « Chroniques parisiennes » inaugurent la somme.
Bibliographe pour un grand libraire de livres anciens et bibliothécaire, Barbara Pascarel se meut dans le milieu du livre avec beaucoup d’aisance. Curieuse de nature et agissante de tempérament, elle milite depuis plus de vingt ans pour la connaissance de Léon-Paul Fargue, qui sera pour longtemps encore le plus parisien des écrivains. Elle est en particulier la cofondatrice de la Société des...
Des livres
Okuribi : Renvoyer les morts
de
Hiroki Takahashi
Le 15 mars 1928
de
Takiji Kobayashi
Beaucoup de bõryoku
De 1928 ou d’aujourd’hui, les romanciers Kobayashi et Takahashi déploient l’éventail des violences.
Si l’on ne s’abuse, en japonais violence se dit « bōryoku ». Les habitants de l’archipel n’ont jamais pris de pincettes avec ce fait naturel et anthropologique. On sait avec quelle rigueur se polissait un acier de sabre, combien il était honorable de s’ouvrir le ventre et comment le guerrier est louable s’il succombe en emportant l’ennemi au royaume des ombres. De la violence...
Autopsie d’un vertige
Réquisitoire dressé contre les générations au pouvoir, le deuxième roman d’Hector Mathis expose les causes de ses perplexités.
Deuxième service pour Hector Mathis, qui sert un Carnaval après K.O. (Buchet-Chastel, 2018). Après avoir fait le constat de ses troubles, de sa maladie rongeuse et de ses fourmis dans les jambes, Sitam, son narrateur poursuit le diagnostic en affinant les symptômes et en élargissant la focale – à ce stade, il n’est plus certain du tout que le problème provienne de lui. Le jeune trentenaire...


