La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Un livre
L' Ascension de M. Baslèvre
de
Edouard Estaunié
Le Croquignole inverse
Édouard Estaunié a ruiné une idée fausse. Après lui, on ne peut plus dire que Polytechnique ne rime pas avec littérature. Si Marcel Prévost, Thomas Raucat ou René-Martin Guelliot, le mentor de Jean Paulhan, ont contribué à relever la réputation esthétique de l’institution, Edouard Estaunié a mis assez de sensibilité et d’esprit dans ses livres pour rendre aux ingénieurs et aux guerriers leur...
Qui a peur des piqûres ?
Grand reporter des Dernières Nouvelles d’Alsace, Daniel Walther fait partie du club des écrivains français qui s’adonnent à la saga fantastique ou d’anticipation, voire à la « fiction spéculative », et ne dédaignent pas plonger leur plume dans la veine gore. Avec La Mort à Boboli, il ouvre un domaine ensoleillé à ses sombres imaginations. Rien de trop gai bien sûr. Après Les Mandibules et les...
Le bleu de l’eau
Haut-lieu de l’architecture des années folles, la piscine Molitor était unique avec ses lignes gracieuses et ses cabines. Elle ne pouvait manquer de séduire une lycéenne qui deviendrait peintre et décoratrice. Désormais disparue après des années d’abandon, Molitor n’aura pas dérogé à son rôle. Elle est restée ce sanctuaire des amours adolescentes où Laure Fardoulis jouissait de sa liberté...
Un livre
Histoire de la poupée
de
Emile Brami
En souvenir de Marie
La Shoah est-elle un objet littéraire ? Émile Brami s’interroge sur les modalités de transmission du Mal. Que dire des camps ?.
On aura lu des premiers romans plus insignifiants qu’Histoire de la poupée d’Émile Brami. Celui-ci est dense, bien écrit, il ne manque pas de pages brillantes, il est original. De plus, il jette un trouble qui mérite une attention particulière. Au sens étymologique du terme, ce premier roman est problématique.
Le récit s’ouvre sur une comptine inventée par Marie, une jeune juive polonaise...

