La rédaction Éric Dussert
Articles
Un auteur
Barbaro chez les barbares
Marchand et diplomate, le Vénitien Giosafat Barbaro, témoin de la déliquescence de la Horde d’or de Tartarie, a décrit la Perse de son temps.
Si certains va-t-en-guerre de nos contemporains avaient lu ce qui suit, peut-être auraient-ils renoncé à leurs jetés de bombes. C’est Giosafat Barbaro, citoyen patricien de Venise né en 1413, qui s’exprime : « Toute la région de la Perse que nous avons traversée jusqu’alors est désertique, grisâtre, argileuse, écailleuse et pierreuse, pauvre en eau, ce qui explique pourquoi là où il y en a on trouve quelques villages, détruits cependant en grande partie, qui ont tous un château construit en terre. Les champs, les vignes et les vergers sont cultivés à force d’eau, de sorte qu’il est...
Juin le préfacier
L’intérêt se fait vif pour l’époque 1900, mais tout cela tient du vague, du caprice et de l’improvisation. (…) Qu’on nous donne des monographies sérieuses et des études de détails ! Voilà le moyen de nous restituer, hors de ses mythes, cette Belle Époque qui fascine. » Depuis la rédaction par Hubert Juin (1926-1987) de l’introduction à ses Écrivains de l’Avant-Siècle (Seghers, 1972), les...
Son coeur balance
On savait Pierre Louÿs (1870-1925) porté sur la chose. Et certains se souviennent des sensuelles héliogravures qui illustraient Aphrodite (1896), des documents troublants qui valent assurément bien des madeleines. Louÿs qui fut l’ami de Gide, Mallarmé, Valéry et Heredia, fut aussi un érudit, un homme à femmes, un photographe spécialisé dans le nu féminin et l’inventeur d’une minutieuse...
La Banlieue d’Erik satie
Après Érik Satie à Montmartre (1982), à Honfleur (1998) ou dans les salons (1985), c’est un portrait du compositeur en banlieusard d’Arcueil que livre la musicologue Ornella Volta. Traité dès 1990 par Michel Robillard, le sujet n’a rien perdu de son charme d’autant qu’il bénéficie d’une iconographie généreuse. Le portrait du phénoménal bonhomme y gagne en surprises car lorsqu’on fréquente...
Un livre
La Grande Pâques
de
Jacques Besse
Du petit névrosé au délirant majeur
Ce qui frappe d’abord dans La Grande Pâque, c’est la fébrilité d’un narrateur qui nous tire par la manche. Il a quelque chose à raconter, veut le faire vite. Ses deux premières phrases en sont étranglées d’angoisse. « Je devais quitter la rue de Turbigo le 17 avril 1960. Je m’étais lâché chez mon frère qui est patron en building vers le paramount. Il m’avait accordé avec estime 200 gros...



