La rédaction Feya Dervitsiotis
Articles
Un livre
Viens Elie
de
Jonas Sollberger
Nocturne envol
Dans ce magistral premier roman allégorique, un jeune garçon traverse une forêt à la recherche d’un oiseau – et de son identité.
À l’orée de Viens Élie, on reconnaît ses influences norvégiennes. Il y a du Tarjei Vesaas dans le rapport foudroyant à la nature. Il y a du Jon Fosse dans les dialogues monocordes, dans la cartographie réduite à si peu – des champs, une barque, la maison, la forêt –, dans le recours à la répétition comme unité de mesure. Plus loin, lorsqu’il devient clair que la seule errance d’Élie fait le livre, on songe à Mes deux mondes de l’Argentin Sergio Chejfec, récit vertigineux d’une promenade dans un parc, ou encore à la Wanderschaft des Romantiques allemands. Mais très vite ces autres textes...
Digérer le passé, encore
Lettre posthume d’un soldat allemand du front de l’Est à son petit-fils anglais, Nous, les Allemands est un récit de guerre aussi insolite que profondément nécessaire.
Enrôlé dans la Wehrmacht au sortir du lycée, Meissner participe à l’opération Barbarossa puis survit au front de l’Est, avant d’être fait prisonnier en 1945. Lorsque des années plus tard il commence à relater ces faits, le présent est si éloigné de l’époque de la guerre qu’il paraît inimaginable d’avoir pu vivre les deux. Pourtant, les sons, les odeurs, les sensations de ces années...
Éloge de l’ombre
Gil Adamson fait du western littéraire le genre d’une nostalgie critique.
À la mort de Mary Boulton – la protagoniste du précédent volet, La Veuve –, William Moreland part sillonner les montagnes Rocheuses pour voler de quoi assurer un avenir à leur fils, Jack, confié à une bonne sœur en ville. Moreland progresse en répétant un même rituel, le dynamitage de toute structure, bureaux ou banques, qui abrite un coffre-fort, sans jamais blesser quiconque. Gil Adamson...
Mon nom est personne de Alexander Moritz Frey
Plusieurs fois « redécouvert » au gré de travaux universitaires et rééditions, Alexander Moritz Frey (1881-1957) connut un certain succès dans l’Allemagne du début du XXe siècle – avant que ses livres ne finissent dans les autodafés nazis et lui exilé en Suisse. En 1914, Frey faisait publier Mon nom est personne, fable fantastique et satirique qui décrit, dans un crescendo insupportable, une...
Helsinki retrouvée
Journal intime fictionnel de l’architecte allemand qui créa la capitale finlandaise au début du XIXe siècle, le sensible roman de Jukka Viikila entrelace destins de ville et d’homme.
Dans ce roman qui a valu à l’auteur le prix le plus prestigieux de Finlande, il y a d’abord l’histoire d’une domination peu discutée chez nous. Élément exogène, l’Allemand Carl Ludvig Engel conçoit les églises, écoles, prisons, phares qu’il dessine pour ce qui était alors un grand-duché russe comme « les feuilles d’un arbre immense, l’arbre du tsar ». On y parle allemand et suédois dans les...




