La rédaction Feya Dervitsiotis
Articles
Un livre
Viens Elie
de
Jonas Sollberger
Nocturne envol
Dans ce magistral premier roman allégorique, un jeune garçon traverse une forêt à la recherche d’un oiseau – et de son identité.
À l’orée de Viens Élie, on reconnaît ses influences norvégiennes. Il y a du Tarjei Vesaas dans le rapport foudroyant à la nature. Il y a du Jon Fosse dans les dialogues monocordes, dans la cartographie réduite à si peu – des champs, une barque, la maison, la forêt –, dans le recours à la répétition comme unité de mesure. Plus loin, lorsqu’il devient clair que la seule errance d’Élie fait le livre, on songe à Mes deux mondes de l’Argentin Sergio Chejfec, récit vertigineux d’une promenade dans un parc, ou encore à la Wanderschaft des Romantiques allemands. Mais très vite ces autres textes...
Un auteur
Tracer des voies
En 2022, l’écrivaine et critique d’art Émilie Notéris a publié une forme d’enquête littéraire intitulée Wittig (Les Pérégrines) pour tenter de saisir et d’incarner l’insondable romancière.
Émilie Notéris, votre « Brouillon pour une biographie de Monique Wittig » vient combler un manque. Quel écho a rencontré votre travail ?
L’écriture de ce livre est avant tout le résultat d’une enquête...
Un auteur
« Faire revenir Wittig sur la scène littéraire »
Éditrice et activiste lesbienne, Suzette Robichon a cofondé l’association des Ami·es de Monique Wittig il y a dix ans. Elle a créé la revue Vlasta, revue des fictions et utopies amazoniennes dont elle a dirigé le seul numéro – jusqu’à aujourd’hui – consacré à Monique Wittig et dans laquelle est publiée pour la première fois la pièce de théâtre, Le Voyage sans fin, en 1985. Suzette Robichon...
Dans la cohorte ailée des mots
Réédition de Virgile, non, de l’extase du paradis aux atrocités de l’enfer.
Lorsque paraît Virgile, non en 1985, Monique Wittig est désormais surtout associée au lesbianisme radical. Pourtant ce texte, qui demeure mal connu, est le moins revendicatif de ses romans, le plus ouvert au doute, le plus troublant.
Dès la première page, le « je » détonne dans une œuvre construite contre l’individuation. Une femme seule, « Wittig » (elle emprunte à Jean Genet l’utilisation...
Un auteur
Guériller la langue
Monique Wittig a construit une œuvre poétique et politique majeure, touchant à un art presque total. Se renouvelant sans cesse, elle a mené de subtiles et féroces opérations formelles et philosophiques pour éradiquer toute domination sociale et sexuelle. Depuis son prix Médicis il y a soixante ans pour L’Opoponax, état des lieux dans l’arène wittigienne.
Qui était Monique Wittig ? Ses amies la décrivent comme discrète, douce, à l’écoute, drôle. Célébrée en manifestation, citée sur des pancartes ou des tote bags, reconnue en tant que figure lesbienne et féministe radicale à l’origine de la fameuse sentence « les lesbiennes ne sont pas des femmes », l’énigmatique Monique Wittig reste aujourd’hui méconnue en France en tant qu’« écrivain » – et...



