La rédaction Jérôme Delclos
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Vds avatar, BE, peu servi
Hyperconnecté, le premier roman de Grégoire Sourice, qui nous inquiète et nous émeut, révèle un auteur à suivre.
Remarqué en 2024 pour Le Cours de l’eau (Lmda N° 253), livre curieux entre pamphlet et poème, Grégoire Sourice signe son premier roman avec SecondeMain, du nom de ce qui pourrait bien être son personnage principal : un site de petites annonces qui nous rappellera celui, au « coin » du réel et du virtuel, que tout un chacun connaît pour l’avoir fréquenté, ou au moins de nom. « (…) les choses les plus vastes – des immeubles, des hectares de terrains – y côtoient des objets infiniment plus petits – des graines ou des vis. » La caverne d’Ali Baba (ou celle des ombres chez Platon ?) à portée...
La mare audible
Jérôme Bonneto nous emporte en Moravie : où comment faire parler le silence, en se mettant à l’écoute du bruit qui le hante.
Le bon plombier est l’exception, le métier se bâcle et se tarit. Un jour il disparaîtra, et nous avec lui dans l’inondation ultime. Raison pourquoi, dans le chapitre 1 (titré « Ploc ») du Silence des carpes, Paul Solveig fait appel à Robert Boulay, le dernier artisan à l’ancienne qui vous changera un joint dans les règles de l’art. Mais pourquoi son intervention, ou plutôt celle de son beauf,...
De « l’art de foutre le bordel »
Un canular politique sorti des années de plomb, possiblement commis par un ex-situationniste italien. Réédition.
C’est un livre à l’histoire éditoriale encombrée. Imprimé anonymement en 1983 à Vérone, puis en 1989 sous le nom de « Gianni Giovannelli » révélé par Allia qui réédite aujourd’hui sa traduction française, Le Secret c’est de tout dire !, en dépit de son titre, continue de se taire sur l’identité de son auteur. Notons que ce « Gianni Giovannelli », qui certes écrit encore, de nos jours, sur le...
Adieu, c’est toi que j’aime… plus
Le sentiment tragi-comique de la vie, par l’écrivain espagnol Manuel Vilas.
Vu de France, l’Ibère est tourmenté. Son système nerveux, tendu comme une corde de guitare, le porte vers la rumination de la mort, l’esthétique du sang, le chorizo. Ses humeurs, à l’image de l’obscur duende célébré par Lorca, nous sont intraduisibles. Et il faut au lecteur français commencer par crever ce brouillard d’exotisme, épaissi par le choix de l’éditeur de ne pas traduire le titre...
Tresser le fil de la langue
Quatre textes inédits de julien Gracq en sentinelle nocturne demandant, encore, « qui vive ? »
En littérature, toute description est chemin » (En lisant en écrivant). Dans Nœuds de vie, cahier d’inédits (non datés) retrouvé dans les collections de la BNF, le chemin qui traverse les quatre sections composant le livre est à la fois familier et ardu au lecteur. Familier, parce qu’il y reconnaît nombre des thèmes de Gracq, y éprouve des impressions de déjà-vu le ramenant à d’autres de ses...





