La rédaction Martine Laval
Articles
Mère Courage
Dans un XXe siècle tumultueux, l’écrivain suisse Lukas Bärfuss donne vie à une héroïne qui apprend à dire non. Adelina ou la vraie vie retrouvée.
De Trieste à Zurich, des années 1920 à celles de 1970, de la montée des Faisceaux fascistes à l’apparition des Brigades rouges, Lukas Bärfuss raccourcit le temps, les distances, la géographie, et trace à toute allure, en un peu plus de deux cents pages, une nouvelle Histoire du monde – ses guerres et ses dévastations, ses misères et ses soubresauts. Le romancier et dramaturge suisse de langue allemande fait naître son héroïne au mitan de ce XXe siècle de toutes les folies – époque si proche et qui, pourtant, semble déjà si lointaine… Fille d’immigrés italiens installés en Suisse, Adelina...
Je m’aime moi non plus
Une femme avoue sa médiocrité et se consume de jalousie. Sous la plume de la jeune norvégienne Agnes Ravatn, l’histoire s’emballe avec un bel humour. Grinçant et revigorant.
Non loin d’Oslo, Skagerrak, un fjord d’une beauté à couper le souffle, s’étire paisiblement. Ici, les gens ont « l’élégance décontractée » et « le bronzage impeccable ». Ils ont aussi des SUV électriques noirs et des maisons de dingue. Bienvenue chez les riches ! Karin, la narratrice, elle, roule dans la camionnette de Kai, son mari menuisier. « Classe moyenne inférieure », ironise-t-elle....
Tic-tac, tic-tac
Avec une mécanique implacable, la Québécoise Julie Bouchard donne vie à des gens ordinaires, tous pris dans le rythme effréné du boulot. Et réalise un portrait de notre humanité tout en empathie.
Dans la ville de M., les gens, vont, viennent. Vivent, travaillent, et meurent, forcément. Dans la ville de M., il y a Julia, la narratrice de Labeur, un premier roman aussi fulgurant que jouissif. Julia, sans doute le double de la jeune romancière québécoise Julie Bouchard, s’amuse à extirper de l’anonymat d’une grande cité quelques personnes et leur offre une destinée. Ses personnages, des...
L’appel de la forêt
Mathias Bonneau est bûcheron. Il raconte son métier. Un récit hypnotique sur les gestes du travail et la beauté de l’effort.
Ce pourrait être l’histoire d’un type qui se bat contre lui-même, contre sa lenteur, sa timidité, sa crainte de la société dévoreuse et qui décide son diplôme d’architecte en poche de fuir le monde de la ville ; ce pourrait être l’histoire d’un fils qui veut faire comme papa sinon mieux, ce père celui « qui réfléchit avec ses mains » ; ou encore, ce pourrait être l’histoire d’une passion,...
Mon père, l’évadé
Céline Bagault marie le deuil à la tendresse, l’écriture à la mélancolie. Un premier texte tout en pudeur et sincérité.
En milieu d’ouvrage, une page presque vide, juste avec ces quelques mots : « Je ne suis pas en deuil. J’ai du chagrin. » (Roland Barthes, Journal de deuil). Peut-être que ce premier roman en forme de récit tout en finesse et pudeur est un texte de deuil. Peut-être. On pose le manuscrit, ou l’on referme la porte, et l’on s’en va, continuer sa vie. Il est assurément une histoire sur le chagrin,...





