La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Crime et boniments

février 1996 | Le Matricule des Anges n°15 | par Éric Dussert

Le Corbeau des tourbières

Responsable d’une maison d’édition à Londres et auteur de plusieurs romans, l’Irlandais Patrick McGinley fait son apparition sur les étals français avec un très bon roman. Engagé comme un polar traditionnel, le Corbeau des tourbières dévoile vite des cartes qui n’ont rien, ou si peu, de policières.
L’action se déroule à Glenkell, un bourg du Donegal qui s’étend entre mer et tourbières autour d’une « unique rue bordée de rangées de maisons grises : une église, deux magasins, une station-service, un poste de police et six pubs. » L’un d’eux est tenu par Roarty, un homme sur le retour qui voue une haine implacable au jeune Eales, le serveur qui courtise sa fille. Au cours d’une soirée alcoolisée, il exécute le jeune homme avec un volume de l’Encyclopedia Britannica et l’enterre dans une tourbière isolée. Intelligent, il se sait hors d’atteinte du policier McGing dont les méthodes sont aussi stupides qu’inopérantes. Mais il tombe dans les rets d’un « Corbeau des tourbières » qui le tance de payer pour cacher son crime. Sur le qui-vive, le patron du pub soupçonne ses meilleurs clients : Cruborg le retraité, l’ingénieur anglais Potter, Cor Gomaill le révolutionnaire farouche et le journaliste indigne Gillepsie.
Ce cercle volubile qui gravite autour du malaise de Roarty bénéficie de toute les qualités de l’écriture de Patrick McGinley. Ses portraits taillés sur la bête et ses dialogues cocasses donnent au roman un ton d’une particulière drôlerie sans en dissoudre le suspense.
À mi-chemin entre Clochemerle et le Troisième policier de Flann O’Brien (Granit, 1995, 264 pages, 120 FF) qui puisait dans une veine plus métaphysique, le Corbeau des tourbières est un roman bon vivant.
Enrichi de colloques saugrenus sur la théologie ou l’agronomie, il évoque la vie d’un village isolé où l’existence est simplement bercée par le vol des bécasses et le ressac de la mer, une existence pleine d’alcool, de chasse, de pêche et, au fond, de fraternité. À sa façon, Patrick McGinley touche à l’essence de l’âme irlandaise.

Corbeau des tourbières
Patrick McGinley

Marval
Traduit de l’anglais
par Glenn Férou
240 pages, 128 FF

Crime et boniments Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°15 , février 1996.
LMDA PDF n°15
4.00 €