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Domaine français les raisons d’un silence

septembre 1996 | Le Matricule des Anges n°17 | par Éric Dussert

Ciel de suie

Mise en vente dans le désordre, la trilogie familiale de Henri Béraud (1885-1958) fait surface au moment où une campagne de réhabilitation œuvre pour le rétablissement du Lyonnais dans sa gloire.
Publié après Le Bois du Templier pendu (1926) et les Lurons de Sabolas (1932), Ciel de suie (1933) est le plus balzacien de ses livres. Roman d’une passion amoureuse, c’est aussi le roman d’une ville, Lyon, qui prend sous la patte de Béraud des airs septentrionaux. « Un remorqueur glissant sur la Saône, poussa dans le jour pâle un long appel qui, sans écho, retomba sur le silence poignant des eaux. »
Inspiré par « l’affaire Gillet », un fait divers sanglant qui secoua la communauté lyonnaise après la Grande guerre, Béraud retrace un drame bourgeois qui se résoud dans un accident de chasse. Noëlle, la jeune épouse d’Armand Giroud, potentat local doublé de son inséparable frère Claude, vit des amours inavouables avec le neveu de son mari. « Est-il plus patient et plus subtil ennemi de l’amour qu’un mal-aimé ? » Jalousie et cupidité conduisent les amants à la mort dans le silence bien ordonné d’une famille respectée.
Henri Béraud est d’abord un homme de style. Il exploite au mieux son sens du rythme. Lentement, il arrache les rideaux qui masquent un monde, démonte les ficelles qui agitent ses personnages et fait une description précise du pays lyonnais et de ses collines industrieuses. Taillant le portrait des frères Giroud, membres de la caste honnie des Soyeux, il montre la face sordide d’une bourgeoisie qui a fait du secret un art de vivre. « Les Inséparables, riant très fort, observaient Patrice en dessous, de cet œil mi-clos, où couvait, au coin des paupières, la ruse patiente et sans miséricorde ».
Grand journaliste, reporter clairvoyant, Béraud fut un pamphlétaire infatigable, un ennemi des « longues figures » de la nrf, et surtout ce styliste impeccable -voyez Le Martyre de l’Obèse (Prix Goncourt 1922), La Gerbe d’or ou Le Flâneur salarié- qui ne sut pas résister aux plaisirs vitriolés de la polémique. Son anglophobie enragée diffusée dans les pages du journal collabo Gringoire lui vaudra d’être condamné à mort à la Libération. Pour en savoir plus, on peut se procurer la courte biographie que donne parallèlement Jean Butin aux mêmes éditions (96 pages, 50 FF).

Éric Dussert
Ciel de suie
Henri Béraud

Lugd (93-95, rue Vendôme 69006 Lyon)
143 pages, 78 FF

les raisons d’un silence Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°17 , septembre 1996.
LMDA PDF n°17
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