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Domaine français Désir, j’écris ton nom

août 1999 | Le Matricule des Anges n°27 | par Thierry Guichard

Le Chant des batailles

C’est un livre gourmand, plus que gourmet, que le nouveau Daniel Biga. Gourmand de la chair des corps et de la chair des mots, Le Chant des batailles fait l’éloge du sexe, du désir « de la baise ». Et les batailles sont aussi celles qu’il faut sans cesse mener pour outrepasser les interdits et la morale. Succession de textes agencés dans une unité tenue par le « je » du narrateur, le livre se lit avec la frénésie dans laquelle il semble écrit. Tout n’est pas d’un égal bonheur, mais, justement, il s’agit de donner, dans la confession sans afféterie, ce qui dans la part obscure mêle la lumière à la boue. Donc le sexe : du désir à son inassouvissement, des onanismes échevelés aux parties carrées, des vulves humides aux « bites énormes », des affres de l’enfance à celles de la jalousie, il s’agit de tout dire. Contre les censeurs : « Ce qu’il y a de meilleur dans le meilleur des hommes et de pire dans le pire des hommes, chacun d’entre nous le porte. Du »mal« les puritains, les moralistes et les juges, ce sont eux qui en ont la plus vive tentation. »
Si le trivial ne l’effraie pas, Daniel Biga semble parfois s’y complaire plus pour brutaliser les bonnes âmes, voire pour se brutaliser lui-même, que par nécessité. Car, dans la crudité des souvenirs et des récits de « baise » (avec femmes ou hommes), le sang des phrases, les mots, la vigueur dressent un éloge du désir qui ne lui enlève rien de sa matérialité.
Dans la rage (« ceux qui n’ont pas compris, ne sont pas allés au petit bout d’eux-mêmes, ne savent pas, ne veulent pas, ne pardonnent pas. Ils demeurent. Troubles. Malfaisants. Nuisibles »), Daniel Biga est un guerrier redoutable. Mais, ce que l’on retiendra de ces pages, c’est surtout cette ivresse devant la vie, ces accumulations de mots pour dire le désir, cette folie verbale qui restitue les feux de l’adolescence. C’est bien là que l’écrivain est le meilleur : dans cette exubérante vitalité qui le rapprocherait, alors, d’un Henry Miller. Et qui fait qu’on lui pardonne de n’avoir voulu écrire que « le Prélude du Livre de l’Amour ».

Le Chant des batailles
Daniel Biga

L’Amourier
109 pages, 95 FF

Désir, j’écris ton nom Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°27 , août 1999.
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