La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Classé X

septembre 2000 | Le Matricule des Anges n°32 | par Anne Riera

Jeanne, Jeanne, Jeanne

Le narrateur est né sous X. Il ne supporte plus de vivre dans le « désordre de ce silence » et fait rechercher sa mère. « Je suis allé au bout de ce que je pouvais faire sans elle c’est-à-dire de ce que je pouvais faire sans comprendre. » D’elle, il ne connaît que le nom et un prénom, trois fois répété, qui donne le titre de ce roman. « Jeanne, Jeanne, Jeanne », comme une prière, une imprécation, un chuchotement. Un cri. Celui de la naissance, au moment précis de l’expulsion, un cri poussé à trente-sept ans, comme pour la première fois. « J’ai eu besoin de vous pour naître, écrit-il, j’ai à nouveau besoin de vous pour être au monde, pour être face au monde. » Le narrateur veut redevenir ce « terrain vierge » qu’il fut à son douzième jour, celui de l’abandon. Il se dépouille au fur et à mesure que l’enquête progresse, mais est-ce bien encore une mère qu’il recherche quand s’impose cette « intolérable tristesse », cette évidence, ce déni d’existence, « Jeanne m’a voulu mort ».
Le narrateur s’enferme, s’isole, s’exile comme entre quatre murs dans de longs monologues à chaque page plus furieux, plus désespérés.
Dense et précise, la prose d’Emmanuel Adely ressasse indéfiniment, jusqu’à trouver la plus juste expression d’une douleur au fond de laquelle le narrateur plonge comme en apnée, jusqu’à ses plus sombres entrailles. La douleur d’un « infanticide par procuration », et celle plus terrible encore, de vouloir croire sa mère morte, comme seule raison recevable à son abandon. Adely dit l’incertitude et la révolte, il dit l’impossibilité de vivre dans « la négation de soi », dans la culpabilité et dans la honte ; il dit Médée et Jocaste ; il dit l’irréparable, l’impossible pardon, la haine et les pulsions de mort.
Adely fait la chronique d’un échec, celui de l’improbable et solitaire accouchement d’un enfant par lui-même.

Jeanne, Jeanne, Jeanne
Emmanuel Adely

Stock
331 pages, 125 FF

Classé X Par Anne Riera
Le Matricule des Anges n°32 , septembre 2000.
LMDA PDF n°32 - 4.00 €