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Nouvelles d'ailleurs Balzac à San José

octobre 2008 | Le Matricule des Anges n°97 | par Olivier Verdun

Situé entre le Panama et le Nicaragua, ce petit pays d’Amérique centrale, sans armée, jouit d’une longue tradition francophile. Avec pour principal relais, la Libreria Francesa.

Dans le paysage francophone et culturel du Costa Rica, la librairie française, qui est aussi une maison d’édition, n’a pas à craindre la concurrence, fût-elle déloyale : fondée en 1977 par Ramón Mena et sise à San José - la capitale, elle est la seule à proposer, outre une sélection de magazines (Le Monde diplomatique, Courrier international, Le Magazine littéraire) et de livres français, toute une gamme de méthodes destinées à l’apprentissage du français langue étrangère dont Ramón Mena a fait son cheval de bataille. Avec un fonds de 26.000 ouvrages, la librairie accorde une place de choix à la littérature (de Balzac à Michel Houellebecq, d’Anna Gavalda à Jonathan Littell ou Fred Vargas), la bande dessinée, les beaux livres et les ouvrages pour enfants.
Comme beaucoup de pays d’Amérique latine, le Costa Rica jouit d’une longue tradition francophile. On ne compte plus les intellectuels et les hauts fonctionnaires qui ont étudié au lycée franco-costaricien (le « Franco »), - fruit, il y a quarante ans, d’un accord bilatéral entre la France et le Costa Rica : Jacques Sagot (ambassadeur à l’Unesco), Carina Bolaños (vice-ministre de la culture et de la jeunesse), ou Rafael Chinchilla (cinéaste et frère de la vice-présidente du Costa Rica), etc. La librairie française est du reste dirigée depuis 1996 par une ancienne élève du « Franco », Rigel Mena, la fille de Ramón.
Le français est, avec l’anglais, l’une des langues obligatoires dans les lycées. La librairie française a acquis, au fil des années, le statut de distributeur exclusif des trois grands éditeurs du français langue étrangère (Hachette, Cle et Didier). Elle est fréquentée par un public diversifié qui reflète assez bien la situation de la langue et de la culture françaises dans le pays : hormis les quelque trois mille Français dont le lien avec la librairie est plus ou moins lâche, cette dernière attire autant d’étrangers tiers et de « Ticos » (sobriquet de « costariciens »). La librairie s’est rapprochée du reste, il y a peu, de l’ambassade de France, manifestant par là sa volonté d’être la plaque tournante de la francophonie.
Concernant l’activité éditoriale proprement dite, la Libreria Francesa s’est spécialisée dans la publication d’ouvrages en espagnol relatifs au tourisme, à l’histoire, à la géographie et à la poésie humoristique. Un recueil de nouvelles, rassemblant les textes écrits en français par les huit lauréats (élèves des classes de seconde) du concours 2007 que le « Franco » a orchestré, vient de paraître. Deux projets sont en cours de réalisation : l’un concerne la traduction en français d’un roman d’Enrique Castillo, ancien ambassadeur du Costa Rica en France ; l’autre porte de nouveau sur la traduction, en espagnol cette fois, d’un livre de Stéphan Bonneau, Costa Rica : voyage au cœur du vivant, publié en France, en 2004, aux Éditions Vigot.
La vie littéraire au Costa Rica n’est pas des plus trépidantes, même si ce petit pays d’Amérique centrale s’honore d’une pléiade d’écrivains dont certains sont des figures marquantes de la littérature latino-américaine : Joaquín Gutiérrez (1918-2000) dont le très controversé roman Cocori (1947) a été traduit dans une dizaine de langues et adapté au théâtre ; Carlos Luis Fallas (1909-1966), d’abord connu pour son activisme politique et syndical (militant du parti communiste costaricien, il dirige, en 1934, une grève dans les plantations de bananiers et devient député en 1944), est l’auteur de nombreux best-sellers, dont le roman Mamita Yunai (un réquisitoire sans appel contre la multinationale nord-américaine United Fruit Company) publié sous les auspices de Pablo Neruda. Il conviendrait d’évoquer également Ana Istarú, Quince Duncan, Enrique Castillo, pour ne parler que des plus célèbres.
Il n’y a étonnamment pas de revues littéraires. Il faut fouiner dans les encarts de la presse nationale (le journal La Nación publie, le dimanche, un supplément littéraire, Ancora) ou surfer sur Internet pour trouver son bonheur en matière d’informations culturelles. Le Costa Rica s’enorgueillit à juste titre de ses musées et de son théâtre national dont l’architecture rappelle l’Opéra de Paris. Les librairies ne peuvent certes pas être comparées à celles qu’on trouve au Mexique, au Chili ou encore au Brésil. Mais l’Agence des publications du Costa Rica (l’équivalent des Nouvelles messageries de la presse parisienne) fait son possible pour distribuer et promouvoir dans tout le pays livres et magazines. Le Costa Rica compte 55 bibliothèques publiques en sus de la Biblioteca Nacional. Le centre de gravité de la vie culturelle tourne essentiellement autour de l’Université et des festivals qui ont lieu chaque année (musique, cinéma, francophonie). Malgré l’existence d’un seul cinéma d’art et d’essai (« Sala Garbo »), le 7e art bénéficie du soutien du Centre costaricien de production cinématographique, fondé en 1973, et de la notoriété d’Esteban Ramirez, récompensé, en 2004, au Festival du cinéma latino-américain de Trieste, pour son film Caribe.
Bordé par le Nicaragua au nord et le Panama au sud-est, l’océan Pacifique à l’ouest et la mer des Caraïbes à l’est, le Costa Rica est unique en son genre.Avec un taux d’alphabétisation de 95,70%, sa position dans l’indice de développement humain le situe, sur le plan mondial, au 48e rang et, en Amérique latine, au 5e. À la différence des autres pays du continent, le Costa Rica a à son actif une vie démocratique ancienne, malheureusement plombée par la bureaucratie et les affaires de corruption. Son président actuel, Oscar Arias, a obtenu le prix Nobel de la paix en 1987. Le Costa Rica est le premier pays à avoir supprimé son armée en 1948.
Olivier Verdun (Cartago)

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Balzac à San José Par Olivier Verdun
Le Matricule des Anges n°97 , octobre 2008.
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