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Poitiers Moments de grâce

novembre 2008 | Le Matricule des Anges n°98 | par Thierry Guichard

Georges Bonnet sort un nouveau recueil de nouvelles au Temps qu’il fait. Douze instants lumineux à l’image de leur auteur. Rencontre avec un homme formidable.

Un jour nous partirons

Pour se rendre chez l’auteur poitevin, il faut emprunter des rues étroites qui nous font entrer dans l’époque où l’automobile n’existait pas. On longe des murs de pierres, on s’approche de l’extrémité du Plateau en allant vers le Clain. La bâtisse s’est réfugiée dans le coude d’une ruelle, un pin gigantesque la domine à peine. Le jardin, dans la tradition poitevine, semble posé à ses pieds, et joue de tous les verts de la nature. La vue ici est magnifique. Le surplomb laisse le regard se perdre dans la masse des arbres qui accompagnent la rivière en bas ou se glisser comme en coulisses sur les toits de la ville. On est au calme tout en étant au cœur de Poitiers. Georges Bonnet nous accueille avec un sourire à faire chavirer les cœurs. À 89 ans, le poète et « romancier tardif » a des yeux vifs de jeune homme, même si, confesse-t-il, sa vue a considérablement baissé. Mais le visage rayonne cependant : cet homme-là a été irradié par la vie. Après avoir traversé l’entrée et le salon où trois tableaux attestent des qualités de peintre de notre hôte, nous empruntons des escaliers pour accéder au bureau de l’écrivain. C’est une maison impressionnante qu’il habite avec sa femme : « nous l’avons achetée en 1955. Elle avait quinze pièces en très mauvais état qu’on a retapées. Mais mon salaire de prof d’éducation physique ne me permettait pas de tout payer et on a revendu le bas de la maison à une dame qui est devenue notre voisine. » Le débit de parole est très rapide, comme s’il fallait aux mots de ce sportif courir un sprint vital pour échapper au corps qui les prononce.
« J’ai vraiment passé une belle vie sur les stades. »
En écho aux premières paroles de Jean-Claude Martin, Georges Bonnet prévient : « C’est pas riche la vie littéraire ici. À La Rochelle, oui, il a de la vie littéraire. Ici, c’est catastrophique. Il y a Jean-Claude Martin et Odile Caradec. Ici, on a les jeux floraux, les poètes de Montmorillon, c’est fabuleux : il n’y a pas pire. La Librairie de l’Université est lamentable. Gibert, c’est quand même pas si mal. » Georges Bonnet y sera d’ailleurs dans quelques jours pour la sortie de son nouveau livre, Un jour nous partirons un recueil de nouvelles épatant, où l’on retrouve cette prose au naturel si délicat qu’elle en devient magique. Cet homme-là semble avoir lavé la langue de toutes ses excroissances pour la mouler au corps de récits à la ligne pure. On en ressort ému, touché par l’universalité de ce qui nous a été donné et séduit par la douceur avec laquelle cela a été fait. L’humilité qui ennoblit sa prose autant que sa poésie est peut-être un héritage : l’homme né à Pons en 1919 est le fils d’un paysan de Saintonge. « Mon grand-père, qui était né en 1834, était analphabète. » Deuxième fils (l’aîné a dix-sept ans de plus), il a aussi une sœur « qui sera mise à l’écart, ne fera pas d’études. Mes parents l’installeront dans une laiterie. » Du coup, il grandit seul et « traîne avec les voyous. Mais j’étais bon élève...

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