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Événement & Grand Fonds Une histoire américaine

septembre 2009 | Le Matricule des Anges n°106 | par Camille Decisier

Après deux romans restés confidentiels, le cosmopolite Joseph O’Neill peint un New York fascinant, polychrome, où le désarroi individuel et collectif crée d’improbables rapprochements.

De l’avis général de la critique américaine, parmi les romans transatlantiques publiés depuis fin 2001, tous sans exception s’inscrivent dans un mouvement littéraire inauguré par l’écroulement des Twin Towers. Et les États-Unis semblent guetter anxieusement l’œuvre qui en deviendra le manifeste. Netherland, dont la rédaction s’étala sur sept années, fut pressenti, au même titre que tant d’autres - sans doute parce qu’il a pour toile de fond un New York fraîchement amputé de son précieux World Trade Center. Depuis que l’on sait, en outre, que Barack Obama, en juin dernier, l’a lu et aimé, il est à présent de bon goût de dire que le dernier roman - mais première traduction française - de Joseph O’Neill a tout pour cristalliser, en miniature, les préoccupations, encore très américaines, du nouveau règne ; en trois mots, et pour thématiser : le sport, les minorités et le 11-Septembre. L’écho made in USA, qui voudrait voir en Netherland l’équivalent littéraire de Ground Zero en même temps que le symbole des récentes inclinations culturelles gouvernementales (« What Obama is reading », titrait récemment le NY Times), peut sembler un peu disproportionné face au bruit d’origine. Autant dire que la commotion américaine attend toujours, artistiquement, sa mascotte.
Et pour cause. Car, en matière de fiction post-traumatique, on devrait sûrement pouvoir trouver plus poignant, plus emphatique, plus palpitant. Au-delà de toute préoccupation stratégique ou publicitaire, le roman de Joseph O’Neill est heureusement trop ontologique et pas assez hollywoodien pour devenir un étendard. Le contexte politique n’y apparaît que par clignotements, et la vérité des faits, si elle existe, est éclairée par sa face spécifiquement humaine. Pour le narrateur de Netherland, elle n’est possible à établir que dans la mesure où elle est tangente à sa propre histoire individuelle. Si le New York dans lequel il nous fait pénétrer a des allures d’écorché vif, ce n’est pas seulement à cause de la balafre historique que la métropole vient de recevoir, c’est d’abord parce que lui-même est salement égratigné. Seul dans Manhattan depuis que sa femme et son fils ont regagné Londres, ce brillant analyste financier se retranche dans sa suite du Chelsea Hotel, où, étendu sur le sol, il passe des heures à contempler le dessous de son canapé. Plus perturbé par la désintégration des tours ou par celle de son mariage ? « J’étais seul et c’était comme si j’étais hospitalisé. » Apparemment, les événements ne projettent plus que des ombres. Pour leur redonner une épaisseur, il faut systématiquement une émotion, laquelle ranime un souvenir, qui à son tour permet d’identifier un fait. De la journée du 11 septembre 2001 il n’est presque jamais directement question ; la réalité du choc n’est rappelée que rétrospectivement et à l’improviste, par le biais des effleurements de la mémoire. Les destins singuliers permettent seuls d’appréhender justement l’histoire collective....

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