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Domaine étranger Simples contes

septembre 2009 | Le Matricule des Anges n°106 | par Etienne Leterrier

Simples contes des collines

Entre novembre 1886 et juin 1887 parurent dans le Civil and Military Gazette de Lahore les nouvelles d’un jeune rédacteur en chef de vingt-deux ans du nom de Rudyard Kipling. Recueillies plus tard en Simples contes des collines, elles devaient témoigner par la suite du génie précoce de son auteur. Avec un art de la narration consommé, ce dernier y évoque une série de chroniques mondaines ou mystérieuses de l’Inde victorienne, passant de l’hippodrome aux salons coloniaux, du champ d’exercice des soldats aux temples hindoux, en tissant l’écheveau d’une société britannique dont les passions, contrairement à la morality ne se sont pas érodées sous la mousson ou la chaleur. Alors les intrigues se nouent, les tours se font, les femmes emploient des ruses de stratège, les officiers sont souvent dupes tandis que les vétérans de l’armée britannique (Kipling aime donner la parole aux troupiers) ne sont jamais à court d’une bonne histoire susceptible de ranimer ce fascinant mythe aux yeux des Européens : l’Inde.
Au milieu de tout cela Strickland est le personnage le plus énigmatique de ces nouvelles. Ce fonctionnaire de la police coloniale est surtout un Morphée qui maîtrise l’art du camouflage, passe à volonté pour un fakir, un porteur d’eau, un intouchable, tant il maîtrise les codes linguistiques et comportementaux des colonisés, qui le considèrent du coup comme une sorte de démon. Seul à échapper au regard d’entomologiste de Kipling, Strickland concentre le génie de son auteur peut-être parce qu’il est, contrairement aux autres personnages, le seul à n’avoir aucune identité sociale définie tandis que Kipling épingle chacun d’une étiquette définitive. Chimère d’acculturation voire colon parfait, Strickland possède la connaissance intime de l’Inde. Or c’est bien ce portefaix exemplaire de l’homme blanc qui est aussi d’une certaine façon la clef du regard et de l’écriture incomparablement vive, avec lequel Kipling parvient à livrer des textes plein d’humour et de verve.

Simples contes
des collines

de Rudyard Kipling
Traduit de l’anglais par Théo Varlet et Albert Savine, Sillage, 283 pages, 19,50

Simples contes Par Etienne Leterrier
Le Matricule des Anges n°106 , septembre 2009.
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