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Domaine français Bonheur fantôme

octobre 2009 | Le Matricule des Anges n°107 | par Chloé Brendlé

Bonheur fantôme

Si le bonheur ne fait pas d’histoires, son apprentissage, lui, peut donner lieu à un roman. Anne Percin, qui signe son premier récit de fiction pour adultes, nous le prouve. Pierre, 28 ans, anciennement parisien, vit depuis quelque temps aux Champs baillés, dans une « campagne sincère, sans apprêts, sans folklore », au bord d’une route. Autant dire que la fuite à la campagne ne signifie pas la recherche du paradis perdu par un bobo moyen, mais, paradoxalement, la tentative d’échapper au bonheur. Pierre laisse en effet derrière lui six ans d’études de philo, un passé de mannequin, et surtout un amour fou, R., photographe de douze ans son aîné. Devenu « pêcheur de lune » (brocanteur), il consacre son temps à son jardin, sa vieille voisine, Paulette, et à l’écriture d’une biographie sur Rosa Bonheur, peintre des vaches. Cherchant à « défaire le travail de deuil de l’adolescence », « désapprendre le langage des villes », il est rattrapé par la passion et le désir. C’est un heureux qui s’ignore ; le Boris Vian de L’Ecume des jours dirait qu’il passe « le plus clair de son temps à l’obscurcir ». Car notre personnage est pris dans ses contradictions : il écrit, or, écrire, c’est le contraire d’oublier, c’est « exister encore plus, encore plus fort, et la souffrance, loin de s’effondrer, monte en puissance dans les poumons des mots et crie de toutes ses forces ». Sans avoir l’air d’y toucher, ce livre très bien écrit parle des grandes peines du passé et des petites joies du quotidien, et fait habilement son bonhomme de chemin. Il contient des scènes drôles et crues (comment préparer un lapin dans les règles de l’art) ou douces-amères, comme cette description des parents, unis à jamais par la mort du jumeau, et emmurés dans leur douleur (la mère est une « grande muraille de Chine. On peut en faire le tour et la voir de la lune, mais elle est impénétrable » ; quant au père, il consacre son temps libre à fabriquer des machines qui ne servent à rien). Un premier roman humble et réussi, qui nous prend par des sentiments que l’

BONHEUR FANTÔME
d’ANNE PERCIN
Le Rouergue, 220 pages, 16,50

Bonheur fantôme Par Chloé Brendlé
Le Matricule des Anges n°107 , octobre 2009.
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