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Domaine étranger Éloge de la vigueur

février 2010 | Le Matricule des Anges n°110 | par Etienne Leterrier

Histoire de Byon Gangsoé

Byon Gangsoé signifie en coréen « rigide comme le fer ». Rigidité priapique ou cadavérique, libido ou rigor mortis : peu importe pourvu que l’on rie, et que cette crispation des corps gagne, elles aussi, les zygomatiques. Copulateur et fainéant, voleur et impie, Byon Gangsoé a en effet tout du héros comique, selon une tradition populaire burlesque qui fleure le scandale, y compris dans la Corée d’aujourd’hui. Joueurs de tambours, moines vicieux, femmes légères et bandits s’y pressent dans une écriture qui mêle les registres du paillard, du sérieux, du pathétique, du satirique ou encore du fantastique. Il faut dire aussi que notre homme n’a que son plaisir pour loi : il mange et boit comme quatre, séduit les femmes sur les chemins, et déterre les poteaux sacrés dédiés aux esprits pour en faire son bois de chauffage. Comme chez Rabelais, la matière y apparaît libre, affranchie tant de ses lois physiques que de la domination de l’esprit : les cadavres tiennent debout, les asphyxies mortelles tombent sur les personnages comme les coups de bâton sur le dos des pauvres gens, les cadavres se mettent à coller ceux qui se risquent à y toucher. Ce fascinant conte médiéval aux allures de rêve raconte un monde où domine l’animisme, mais il débouche sur une exubérante poétique du corporel.
Héros paradoxal, donc, Byon Gangsoé est aussi éloigné des valeurs d’une société coréenne pétrie de confucianisme que les Arlequin et Sganarelle pouvaient sembler suspects à la morale chrétienne. Avant sa retranscription au dix-neuvième siècle, son histoire était d’ailleurs, comme celles des deux rusés déjà cités, un mimodrame que les baladins se transmettaient depuis le Moyen Âge. Un passé comique qui, si éloigné que soient les deux péninsules, l’italienne et la coréenne, n’en demeure pas moins un signe de touchante proximité : celle du rire des peuples.

Histoire de Byon Gangsoé - Traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet, Zulma, 112 pages, 16,50

Éloge de la vigueur Par Etienne Leterrier
Le Matricule des Anges n°110 , février 2010.
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