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Domaine étranger L’homme sans tête

février 2010 | Le Matricule des Anges n°110 | par Etienne Leterrier

Trancher la tête, ôter à l’ennemi sa dignité et sa puissance. La décapitation relève d’un symbolisme complexe. Le journaliste mexicain Sergio González Rodríguez n’en est pas à son premier essai sur le sujet. En 2007 était paru en français Des os dans le désert, un texte sur le féminicide de Ciudad Juarez perpétré entre 1993 et 2005, et dans lequel plus de 500 femmes avaient trouvé la mort. Un massacre qui avait aussi attiré l’attention de Roberto Bolaño, dans 2666. Le Mexique, si l’on en croit González Rodríguez, a ce poison dans le sang, de par son catholicisme aux manifestations volontiers spectaculaires et concurrencées par les rituels de magie noire. Ou encore du fait de l’histoire violente du pays, depuis les « Tzomplanti », ces murs aztèques formés de crânes alignés sur des bâtons, jusqu’aux plus récents crimes mafieux.
Enquête dans les milieux des cartels narcotrafiquants, non-fiction, journal, essai : avec L’Homme sans tête, Sergio González Rodríguez offre donc une réflexion hétérogène sur le phénomène décapitatoire et sur l’hyperviolence du grand banditisme mexicain. Derrière cette analyse, il propose une symptomatologie du mal dont souffre le Mexique d’aujourd’hui et, plus largement, les sociétés contemporaines : fascination du gore, superstition et recul de la rationalité, nouvelle barbarie et effondrement des frontières entre représentation et réalité.
« Le mal lié aux décapitations annonce l’obscurité et la perte, la constance de l’abjection et l’outrage à tous les principes connus de règles de vie en communauté. » On voudrait objecter à l’auteur que c’est aussi, très paradoxalement, l’un des symboles fondateurs les plus puissants dans toutes les mythologies, presque sans exception. Cronos décapité par Zeus, par exemple. Si les analyses de González Rodríguez achoppent sur cette question, elles attirent l’attention sur ce geste fascinant et terrible, où se côtoient au premier chef la fureur du barbare et la plus tranchante des finesses.

L’HOMME SANS TÊTE
DE s. gonzalez rodriguez
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Isabelle Gugnon,
Passage du nord-ouest, 192 pages, 16

L’homme sans tête Par Etienne Leterrier
Le Matricule des Anges n°110 , février 2010.
LMDA papier n°110
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