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Domaine étranger Derrière mon bureau

juillet 2010 | Le Matricule des Anges n°115 | par Benoît Legemble

Derrière mon bureau

Lire Werner Kofler nécessite de l’engagement. C’est une œuvre complexe. Rendons hommage à la ténacité de son traducteur, Bernard Banoun, à l’origine de cette découverte. Derrière mon bureau, premier volet d’un triptyque alpestre, vient confirmer l’excellente impression laissée par Automne, liberté deux ans plus tôt. On retrouve ici toute la verve et l’art de la satire de l’Autrichien. Au commencement, Kofler n’offre que le simple récit d’un étranger louant les services d’un guide de haute-montagne. L’occasion de s’adonner à une déconstruction en bonne et due forme des modèles classiques de narration. Kofler fait imploser l’idylle, esquisse comme en clin d’œil à Bernhard et Musil un portrait acerbe du « gars-du-coin » hostile et xénophobe - baignant dans un imaginaire bestial qui fait la part belle à un animisme suranné. Il s’agit de dénoncer cette vision romantique tronquée sur laquelle reposent les grands mythes nationaux. Kofler veut en finir avec le mensonge, à commencer par la montagne et sa consistance soi-disant virginale. L’écrivain déploie dès lors des trésors de modalisation pour mieux saper la réalité. Les certitudes finiront par exploser dans une série d’accumulations funèbres que renforce l’exploration généalogique du guide, dont les ancêtres connurent tous une mort violente dans les Alpes. Il faudra ensuite mettre un terme à la mascarade écologique, ce que Kofler fait en donnant à voir des personnages prêts à tout pour rentabiliser l’exploitation de la nature. Quitte à tuer. Les tableaux proposés ici s’imposent aux lecteurs à la manière d’une mosaïque sur l’avènement du discours capitaliste, la culture du secret, l’indicible enfin - c’est-à-dire le crime. Pourtant, l’auteur se refuse à toute complaisance. Il raconte chaque événement sous différents angles. La structure du texte repose sur l’enclavement des récits, et permet ainsi de remonter jusqu’à l’homme de l’ombre, c’est-à-dire l’écrivain lui-même, assis derrière son bureau. Un homme à l’identité trouble et biaisée. Doit-on faire confian

derrière mon bureau
de werner kofler
Traduit de l’allemand (Autriche) par Bernard Banoun,
Absalon, 187 pages, 18,50

Derrière mon bureau Par Benoît Legemble
Le Matricule des Anges n°115 , juillet 2010.
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