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Domaine étranger Tijuana Straits

mars 2011 | Le Matricule des Anges n°121 | par Lionel Destremau

Tijuana Straits

Cinq livres en vingt ans, Kem Nunn est un auteur rare, qui prend le temps de composer ses romans avec le souci du détail, la connaissance du terrain où il nous emmène, et une écriture alliant prose lyrique et concision des dialogues. Tijuana Straits ne déroge pas à cette règle du roman noir efficace que sous-tend un propos bien plus large. En mettant en scène un ancien surfeur pratiquant la vermiculture, Sam Fahey, qui vit retiré à la frontière entre Californie et Mexique, et Magdalena, une jeune activiste qui se bat contre la corruption et la pollution, c’est à la fois le tableau d’une région du monde sinistrée que donne Nunn et une fresque géopolitique. Fahey et Magdalena, couple improbable que le hasard a réuni, se retrouvent poursuivis par la bande de tueurs d’Armando, petite frappe des narcotrafiquants. Tous trois vivent avec leurs démons comme « certaines toxines (…) stockées dans les tissus adipeux du corps et relâchées dans le système sanguin pendant les périodes d’activités intenses ». Au cours de cette traque, chacun va chercher son chemin dans cette vallée de larmes et une réponse à son destin tortueux. Mais au-delà de ce fil rouge narratif, Nunn ausculte une sorte de no man’s land constitué de plages désertées et d’océan contaminé par les solvants des usines américaines, de l’estuaire de la rivière Tijuana transformé en cloaque immonde, et de tous les trafics que ce nouveau Far West du Sud engendre. Bien sûr la drogue, les gangs ultraviolents, les clandestins qui tentent de passer la frontière, les meurtres d’ouvrières comme à Ciudad Juárez, mais aussi le système politique et policier mexicain rongé de l’intérieur, pourri jusqu’à la moelle, mais encore ce qu’a généré l’ALENA, accord économique passé entre les états-Unis et le Mexique, soit une terre promise pour le capitalisme le plus sauvage, générant une main-d’œuvre vivant en quasi-esclavage, et un permis de polluer à tout va. Un grand roman noir, entre La Frontière d’un Patrick Bard et le chef-d’œuvre de Roberto Bolaño, 2666.

Lionel Destremau

Tijuana Straits
Kem Nunn
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Natalie Zimmermann
Sonatine, 362 pages, 21

Le Matricule des Anges n°121 , mars 2011.
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