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Événement & Grand Fonds Des gens négligents

mars 2011 | Le Matricule des Anges n°121 | par Gilles Magniont

Une nouvelle traduction pour son plus fameux roman, et son essai protéiforme enfin édité, pour vérifier que Fitzgerald échappe toujours à la littérature.

Un Livre à soi et autres écrits personnels

Dans une lettre adressée à Francis Scott Fitzgerald en 1925 : « C’est si fichtrement beau que ça fait mal et qu’on a envie de pleurer de douleur ». Et pourtant ça se vend moitié moins que les romans précédents – This Side of Paradise (1920) et The Beautiful and the Damned (1922) –, ça reste en dessous des vingt mille exemplaires, ça ne suffit pas à payer les dettes. La reconnaissance viendra, mais un peu tard : Fitzgerald meurt d’une crise cardiaque avant que l’astre de Gatsby ne s’élève, au fil des rééditions et adaptations. Julie Wolkenstein signe aujourd’hui la troisième traduction en français, et, dans une en postface justement intitulée « Only Gatbsy », justifie le nouveau titre tronqué – Gatsby succédant à Gatsby le Magnifique – tout en signalant l’extravagance de son geste : « je n’ai jamais traduit aucun autre roman, n’en traduirai probablement jamais d’autre. Ce qui précède est le résultat d’une rencontre, d’une histoire d’amour unique avec ce texte ». Qu’a-t-il, ce Gatsby, pour s’attirer tant d’ardeur ? On peut lui préférer le dernier roman achevé de Fitzgerald, Tender is the night ; n’empêche que les lecteurs sont sans doute davantage sensibles à l’impeccable concentration de la tragédie (l’été 1922, entre New York et Long Island), et surtout au clair-obscur de son centre : soit le chiffre qu’il s’agit ici de résoudre, Jay Gatsby enveloppé dans la foule de ses fastueuses réceptions. Une figure que le roman maintient entraperçue, en même temps qu’il lui confère un éclat formidable : l’art de Fitzgerald tient autant d’Henry James et des sciences modernes du relatif que du populaire Mark Twain et de ses voyageurs de légende. Gatsby produit par l’Age du Jazz, enfant des bootleggers et de la prohibition ? C’est aussi le fils de personne, qui « s’était engendré lui-même, comme une idée platonicienne », et que la quête de son Graal maintint au bord de l’époque.
De là, peut-être, deux inflexions : lyrisme et sécheresse. Capiteuses images, parfum des « orchidées mourantes » sur une « véranda couleur de rose », variations de lumière qui nous baladent de « musique jaune cocktail » en « voiture couleur beurre frais », rayons du soleil qui « désertèrent son visage un à un, malgré eux, à regret, comme des enfants que le crépuscule arrache à leurs jeux »… Ce monde flamboie, presque irréel. Sous le léger vêtement de la réussite matérielle, se découvrent alors les formes rudimentaires de la très grande violence, celle dont sont capables des gens juste « négligents » : « ils avaient découvert que son sein gauche s’était détaché et pendouillait comme une poche décousue ; inutile de vérifier si son cœur battait encore, en dessous ». Julie Wolkenstein souligne ce qu’estompaient les précédentes traductions, l’odeur de sang, de poudre et de cendre qui parcourt les pages, les rapprochant des premiers romans noirs, également attachés à suggérer la brutalité d’un pays livré à la corruption. Et voilà le Gatsby nouveau parcouru de secousses et...

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