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Domaine étranger La Faim

avril 2011 | Le Matricule des Anges n°122

Même si l’on doit se réjouir des révolutions qui, au sud de la Méditerranée, viennent de libérer deux peuples (trois demain ?) de l’oppression de dictateurs violents et rapaces, il n’est pas certain que tous, au sein même de ces peuples, en tireront les mêmes fruits… Qu’en sera-t-il, par exemple, pour tous les fellahs, démunis et délaissés, semblables à ceux dont Mohammed El-Bisatie nous livre ici une chronique attachante ? Paru en 2008, ce roman nous décrit pourtant un univers comme intemporel, relégué à l’écart de l’Histoire : sans doute les soubresauts de celle-ci ne seront-ils plus, quand ils atteindront ce village, qu’infimes ressacs, rumeur déjà assourdie… La famille de Sakina, à chaque aube de chaque jour, n’a qu’un souci en tête : y aura-t-il, aujourd’hui, quelque chose à se mettre sous la dent, un morceau de galette, quelque morceau d’oignon ? A vrai dire ce souci taraudant, c’est à la femme qu’il revient d’y trouver remède : les enfants sont trop affaiblis (parfois « les crampes de la faim empêchent de dormir ») et le mari, lui, semble atteint par une sorte de langueur, d’oisiveté maladive – proche de celle qui caractérisait certains mendiants de Cossery. Alors que Sakina va emprunter – à charge de revanche, tentant de garder sauf son honneur – chez ses voisines, Zaghloul erre, hantant les enterrements et les cafés, prêtant l’oreille aux échos des vies d’autrui, écoutant « les étudiants » parler politique autour d’une chicha. A l’écart des masures de briques et d’argile se dresse « la grande maison », Sakina en rêve et elle parviendra à y être employée, à y faire dormir, quelque temps, sa famille : ce sera une sorte de halte au Paradis, avec des restes à se partager, « des morceaux de viande, du poulet et du chou farci ». Mais ce ne sera qu’un court répit et demain, dès l’aube, la même quête modeste mais vitale recommencera.

Thierry Cecille
La Faim
Mohammed El-Bisatie
Traduit de l’arabe (Égypte) par Edwige Lambert
Actes Sud, 128 pages, 17

Le Matricule des Anges n°122 , avril 2011.
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