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Poches Cette vie

avril 2011 | Le Matricule des Anges n°122

D’une grande poésie, austère et obsédant, Cette vie est l’un des textes les plus représentatifs de l’écriture de Karel Schoeman. Nous sommes au XIXe siècle dans une de ces fermes isolées où vivent les membres de la communauté afrikaner, au cœur du Roggeweld. La terre est inhospitalière et aride mais les paysages sont magnifiques, envoûtants, espaces infinis aux reflets dorés, battus par le vent et la poussière.
Une vieille femme est allongée sur son lit. Elle va mourir et se souvient. On l’appelle « tantie », mais elle trouve le terme méprisant. Elle est la vieille tante, la vieille fille, celle à qui personne n’a jamais accordé vraiment d’attention. à la ferme elle s’est toujours occupé des tâches les plus modestes. On lui a appris à se soumettre aux règles et l’on discute très peu. « Je trouvais naturel que les questions, les explications, et les sentiments restassent inexprimés. »
Comme elle a été piégée par sa vie, elle ne l’est pas sa mémoire. « Elle attend la délivrance », et se passerait bien de ce flux de souvenirs qui l’assaillent, souvenirs souvent imprécis qui soulèvent des questions sans réponse. Des mesquineries familiales, quelques drames, des secrets, des mariages, des enterrements, cette relation difficile avec sa mère, femme dure et autoritaire. Tout cela a finalement si peu d’importance. Son indifférence aux petitesses de sa propre existence est tout à fait saisissante.
Nous n’accédons à aucun événement en dehors du filtre de sa mémoire. Les images renvoient toutes à l’obscurité et au silence, à la solitude. Le long monologue crée un sentiment de claustrophobie et de stérilité. Mais les fragments de vie qui se répètent en boucle sous ce « paysage gris et rabougri (…) sous ce ciel blanc et vide » n’ont pourtant pas été inutiles. « Je considère toute cette sagesse et je me rends soudain compte qu’elle est loin d’être vaine. »

Yves Le Gall

Cette vie
Karel Schoeman
Traduit de l’afrikaans par Pierre-Marie Finkelstein
10/18, 296 pages 7,90

Le Matricule des Anges n°122 , avril 2011.
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