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Poésie Abord de la mort

avril 2011 | Le Matricule des Anges n°122

Abord de la mort

Livre de la maturité, Abord de la mort (1970), le troisième ouvrage traduit en France de Zbynek Hejda (né en 1930 en Bohême orientale), concentre la grande obsession de cette œuvre. La mort, ses abords, revient sans cesse comme l’horizon sur lequel doit buter et se vérifier la vérité de l’homme sur terre. Le lent processus par lequel elle viendra à lui, à ses yeux aussi scandaleux que nécessaire, compare le devenir du vivant à une avancée vers une charogne puante (toute baudelairienne) : « en bas où l’eau lèche la chaussée/remontent/les corps blancs/des noyés », en bas, « lit d’agonie sous la table dans une flaque/entre les cuisses noires d’une fille ». Le texte liminaire (« Je n’y rencontrerai personne »), dans une prose sans lyrisme balançant entre sécheresse et naïveté du ton, y conduit encore en narrant l’approche d’un chemin où sa mère ne viendrait plus à sa rencontre. Mais par le désir, lui aussi nommé, de serrer silencieusement contre ses genoux la jambe d’une jeune fille qui lui fait face, Zbynek Heida évoque l’incontrôlable battement du cœur par quoi la mort, la fin où s’abîment les êtres, s’éloigne. C’est cet entre-deux que toujours l’auteur tâche de maintenir, quand, pourtant, la carcasse rongée d’un lièvre à la peau racornie revient hanter ses vers. On y reconnaîtra ici l’influence que put avoir sur lui l’expressionnisme (celui de Gottfried Benn par exemple).
Si Zbynek Hejda est un poète des ténèbres, ce n’est pas seulement d’avoir subi les persécutions et interdictions (il sera radié de l’université, privé de ses droits d’invalidité, ses livres détruits, puis exercera le métier de concierge) du régime tchèque. Il est toujours question, dans cette poésie, de dessiner le conflit de l’homme entre l’intériorisation d’un pouvoir castrateur (où s’exercent l’arbitraire et l’ordre) et le for intérieur où se vérifie l’exercice de sa liberté de sentir et de penser, comme cette scène campagnarde, simplement désolée : « Il neige./Les bêtes n’ont plus que la peau sur les os,/le museau piqué d’épines,/un temps si blanc,/on dirait des anges/réduits en cendres. »

E. L.

Abord de la mort
Zbynek Hejda
Traduit du tchèque par Erika Abrams
Éditions Fissile, 104 pages, 16

Le Matricule des Anges n°122 , avril 2011.
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