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Poésie Courbet et ses demoiselles

novembre 2012 | Le Matricule des Anges n°138

Courbet et ses demoiselles

Élégant, accompli, le petit livre que Frédéric Arnould consacre aux Demoiselles de Courbet (1819-1877). Son but : montrer combien la représentation du corps féminin, dans l’œuvre de Courbet, participe certes d’une recherche esthétique mais surtout d’une démarche visant à libérer l’image de la femme des conventions qui la musèlent comme des règles et des préjugés qui assujettissent son corps. Un processus qu’il resitue dans le contexte d’une époque où s’affrontent deux visions de l’art, avec d’un côté les peintres dit réalistes, qu’anime une exigence de vérité, et de l’autre, les partisans de la tradition classique du beau idéal.
Condamné, pour réussir, à satisfaire ou à provoquer, Courbet, fidèle à ses principes de liberté et d’indépendance, choisit la provocation en s’attaquant au plus sacré de tous les genres : le Nu. Refusant de montrer des corps parfaits n’ayant d’autre ambition que de contenter les yeux des regardeurs, il expose Les Baigneuses (1855), dont le personnage principal tout en modelé charnel, arbore une croupe encellulitée rayonnant au centre d’une « splendide atmosphère végétale ». Un vrai décapage visuel se jouant de la morale publique et montrant l’âpre vérité d’une femme aussi « nature » que non idéalisée.
Cette façon de défier les règles académiques et les mœurs de la société bourgeoise du Second Empire, on la retrouve dans les Demoiselles des bords de la Seine (1857) – exposant dans un paysage presque oppressant de sensualité des corps endormis « dans l’inconscience de ce qu’ils montrent » – ou dans Les Cribleuses de blé (1854), un étrange tableau où le corps de la cribleuse – vu de dos, agenouillée et les jambes écartées –, sa cambrure, son impudeur, débordent de vie et d’énergie. Des femmes vraies, dépourvues de l’aura classique de séduction, de beauté et de soumission, mais irradiante de force et de « primitivité ».
Bousculant les bonnes manières de la peinture – on sait qu’il ira avec L’Origine du monde, jusqu’à élever au rang de peinture d’histoire, un sexe de femme –, Courbet, qui jugeait l’État « incompétent en matière d’art », réussira à vivre de sa peinture en dehors de toute école, de toute académie, grâce à son talent et à son mécène, le collectionneur montpelliérain Alfred Bruyas.

Richard Blin

Courbet et ses demoiselles
Frédéric Arnould
Du Lérot, 80 pages, 14

Le Matricule des Anges n°138 , novembre 2012.
LMDA PDF n°138
4.00 €