La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Une saison

janvier 2013 | Le Matricule des Anges n°139

Elle, une jeune femme dont on ne connaîtra pas le nom, est gouvernante d’étage dans un luxueux hôtel de la Riviera. Passant de chambre en chambre, toujours seule, elle vérifie les lieux, rajuste un rideau… et se livre à une petite collecte personnelle de parfums, qu’elle diffuse sur ses poignets et dont elle se tatoue le nom à l’encre sur sa peau. Silencieuse – il n’ y a pas de dialogue dans ce court roman – elle devine, aux objets qui traînent dans les chambres, qui vit là pour quelques jours : « le nom des cosmétiques et le graphisme des étiquettes sont naïfs, poupins, des choses roses de petite fille. Une Américaine ? » Parfois un client tente un geste, ébauche un libertinage, « comment marche le téléviseur ? demande-t-il, et il enlève son peignoir, elle dit qu’elle ne sait pas, elle va demander au technicien de passer, elle fait comme si elle ne voyait pas, rien, pas ça, et c’est ça qu’il semble aimer bien. » Sylvie Bocqui, dans une langue précise, ourlée, imperméable à toute vulgarité, réussit un texte chargé de mystère, de non-dits, d’implicites, qui restent en suspens et avivent l’imagination du lecteur. Lieux de fantasmes, de rêverie, de silence, ces chambres vidées de leurs occupants deviennent de petits théâtres de la comédie humaine.
Elle, énigmatique, non décrite, est une silhouette fantomatique, à la fois féminine et poignante, « douloureusement gênée et doulou-reusement absente, émiettée entre les deux ». Peut-être aussi aux frontières d’une folie dissimulée : parfois dans une des chambres, elle se laisse aller à des questions enfantines : « la petite peur de l’autre jour va-t-elle lui redemander de jouer avec elle ? Elle n’a pas regardé en entrant la dame assise dans le tableau, exprès. Mais elle la sent là, descendue de l’encadrement et assise dans son fauteuil également descendu de l’encadrement. » Il y a du Duras, du Buñuel, et du Polanski, dans cette femme-là.

Delphine Descaves

Une saison
Sylvie Bocqui
Arléa, 99 pages, 14

Le Matricule des Anges n°139 , janvier 2013.
LMDA papier n°139
6.50 €
LMDA PDF n°139
4.00 €