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Domaine français Cause commune

mai 2014 | Le Matricule des Anges n°153

« La vie. La vraie. Auchan. » Le temps d’une année et d’un bref journal de bord, Annie Ernaux nous entraîne au cœur du centre commercial de Cergy les Trois-Fontaines, son hypermarché Auchan. L’occasion de nous interroger sur l’aboutissement d’une œuvre littéraire et l’inscription de celle-ci dans un chantier collectif et sociologique, « Raconter la vie ».

Regarde les lumières, mon amour

Les gens ne se parlaient pas, ils regardaient devant eux, cherchant à évaluer la vitesse de progression. Il faisait très chaud. M’est venue la seule question que je me pose des quantités de fois, la seule qui vaille : pourquoi on ne se révolte pas ? ». Les désirs qui surgissent à l’hypermarché et sous la plume d’Annie Ernaux sont de toutes sortes : de résistance mais d’annihilation, de nostalgie mais de plénitude, de partage mais d’isolement. Être dans une file d’attente interminable un soir d’été, qui devrait être un grand soir (mais ne le sera jamais, comme dans le film de Benoît Delépine et Gustave Kervern), être rivé à son caddie ou pris pour un demeuré par la voix enregistrée d’une caisse automatique, être au milieu des autres sans être tout à fait avec. Mais s’oublier, baigner dans une chaleur spéciale, se surprendre à admirer l’éclairage ou la profusion des rayons, bénéficier malgré soi d’une espèce de « promotion existentielle ».

Injecter du storytelling à la sociologie.

Regarde les lumières mon amour accomplit un projet littéraire amorcé dès le premier roman d’Annie Ernaux, Les Armoires vides (1974) : faire entrer dans le domaine des représentations des sujets frappés d’indignité, par habitude, mépris de classe et de genre, consensus tacite. L’héroïne des Armoires vides, s’apprêtant à avorter, cherchait en vain un récit, littéraire, familial ou social auquel raccrocher l’épreuve qu’elle allait vivre. Le moyen de s’approprier la vie sans les mots ? Nul hasard si dans ce nouveau recueil de choses vues, le thème de l’avortement réapparaît au détour d’une scène cruelle entre adolescents. Rien de moins dramatique pourtant qu’un hyper. À rebours de la grande phrase lyrique d’un Laurent Mauvignier, qui revenait dans Ce que j’appelle oubli (2011) sur le meurtre d’un jeune homme commis par des vigiles dans le centre commercial de La Part Dieu à Lyon, les notations de Regarde les lumières mon amour forment la « capture impressionniste des choses et des gens, des atmosphères », comme celles des deux précédents journaux d’Annie Ernaux consacrés à la Ville nouvelle de Cergy, Journal du dehors (1993) et La Vie extérieure (2000). Présences fugitives : un vieil homme « comme un scarabée admirable venu braver les dangers d’un territoire étranger pour rapporter sa nourriture », une femme noire devant une pile de morues salées, un groupe de jeunes et leurs chips. Espaces hiérarchisés : par l’argent (de l’Épicerie du bon marché au super discount du déjà discount), les genres (clientes mais vendeurs). Temps à la fois aboli et rythmé par des saisons : la rentrée scolaire, Noël, le Nouvel an chinois… Un « grand rendez-vous humain » marqué par la violence symbolique des chiffres et des mots. Les chiffres déréalisent, du nombre total de références disponibles (50 000) au nombre moyen horaire d’articles scannés par les caissières (3000) en passant par les réclames au prix du kilo. Ils rendent invisibles aussi, comme le rappellent les...

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