La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Des monstres littéraires

avril 2015 | Le Matricule des Anges n°162 | par Guillaume Contré

Des monstres littéraires

Des monstres et littéraires, donc, nous dit le titre. On ne pourra guère, sur ce point, accuser Jérôme Orsini de mentir sur la marchandise, tant le livre applique avec fidélité son titre programmatique. Il s’agit d’un recueil de nouvelles harmonisé par le recours à un subterfuge classique, consistant à introduire l’ensemble des courts textes du recueil par un prologue où un personnage que l’on suppose fictif nous explique que ce que nous nous apprêtons à lire est le résultat du secret travail littéraire d’un autre personnage fictif, ami du premier. Orsini prétend ici faire œuvre métalittéraire, n’ayant dès lors pas peur de s’armer de références qui le sont déjà elles-mêmes, cadors même du genre, Borges, Vila-Matas et Bolaño en tête de peloton. On pourra ajouter au fur et à mesure de l’avancée d’un livre déployant un univers fantastique très (trop ?) balisé, Silvina Ocampo ou Cortázar pour continuer dans la veine latino, mais également une certaine ambiance mitteleuropa, vaguement kafkaïenne.
La langue élégante et classique sert le propos intemporel de l’auteur, mais l’ouvrage, pourtant, ne décolle jamais vraiment, restant bien souvent trop sage. L’univers d’un quotidien qui tout à coup dérive, ces réflexions à demi esquissées sur la nature des histoires, ces êtres mystérieux que l’on suit dans la rue, cette recherche d’une chute pour justifier le parcours, tout cela nous l’avons déjà lu, plus d’une fois, souvent en mieux. Nombre de nouvelles ressemblent à des ébauches d’idées plus qu’à de véritables réalisations. Le lecteur attend le moment où la machine se grippera, où elle prendra enfin un peu de hauteur par rapport à son sujet (autrement dit ses références littéraires, puisque c’est là ce qui semble constituer le seul sujet du livre). L’auteur, pour tout dire, semble s’être arrêté à mi-chemin. La littérature ici n’a finalement pas grand-chose de monstrueux, s’y trouvant trop bien peignée pour cela.

Guillaume Contré

Des monstres littéraires
Jérôme Orsini
Actes Sud, 170 pages, 19

Le Matricule des Anges n°162 , avril 2015.
LMDA papier n°162
6.50 €
LMDA PDF n°162
4.00 €