La rédaction Guillaume Contré
Articles
Des livres
Monochrome atteint par le vertige
de
François Jacqmin
Naviguer sur la terre
de
Julien Starck
Comment être au monde
Entre approche concrète et abstraite, les poètes François Jacqmin et Julien Starck cherchent à toucher une certaine vérité de notre rapport à l’existence.
Le catalogue des éditions du Cadran ligné, dirigées par le poète Laurent Albarracin, fonctionnant par affinités sensibles, cela nous incite à tendre des fils, peut-être arbitraires, entre deux parutions récentes. Rapprochons ainsi selon notre caprice deux auteurs qui n’auront guère coïncidé dans le temps et l’espace – l’un se trouvant en pleine activité, l’autre décédé il y a plus de trente ans – et qui font de l’essai une dérive en poésie et de l’art poétique une forme de pensée, tant il est vrai que le lyrisme sait aussi donner à réfléchir.
L’œuvre posthume du belge François Jacqmin...
La ville, malgré tout
Entre essai et rêverie, Joël Cornuault revient dans les rues du Paris de sa jeunesse afin d’y débusquer ce qui frétille encore.
Joël Cornuault est de ces flâneurs actifs qui prennent au sérieux l’art de la déambulation, l’œil au vent et le nez aux aguets ; un art que d’aucuns, pressés comme des citrons par un monde qui n’a de cesse d’amoindrir la vie de nos sens, qualifieraient un peu hâtivement de désuet. Mais Cornuault n’accepte pas cette facilité, car il est également de ceux « qui veulent la lune » et ne se...
Un livre
La Calle de Valverde
de
Max Aub
Une chronique espagnole
Les Fondeurs de briques poursuivent leur travail de publication de l’œuvre de Max Aub avec ce roman de mœurs tragi-comique situé dans le Madrid des années 1920.
Né français d’un père allemand, devenu espagnol à l’adolescence puis exilé au Mexique pendant trente ans, où il a écrit et publié l’essentiel d’une œuvre qui ne seyait guère à la censure franquiste, Max Aub occupe une place particulière dans les lettres ibériques, toujours un peu marginale. Il n’y est jamais devenu le classique qu’il devrait être de plein droit, ce qui s’explique en partie...
L’enfance de l’art
Les éditions Christian Bourgois mettent les petits plats dans les grands en rassemblant sept romans de l’Argentin César Aira, dont l’œuvre extraordinaire d’invention et de drôlerie est un antidote à toutes les vulgarités.
C’est une des vertus de la littérature de César Aira, de son élégance exempte de toute matière grasse, qu’on peut l’ingérer en grandes quantités sans craindre les ballonnements. Ce que démontrera joyeusement cette belle brique de six cents pages réunissant sept de ses romans (dont cinq inédits en français). Sa prose aérienne n’a d’autres additifs que sa capacité imaginative et son sens...
Des mots pour dire
L’Argentin Luis Sagasti construit un kaléidoscope où l’histoire, l’art et les langues composent de brillantes constellations.
Comme dans ces comptines qui avancent sur le mode de l’association d’idées et des échos de sens ou de son, ricochant allègrement de chapeaux de paille en paillassons, Luis Sagasti suit dans Langues vivantes un fil capricieux qui se nourrit de ses mille et une bifurcations possibles, jusqu’à former une virevoltante combinatoire thématique aux profondeurs insoupçonnées. Il y a quelque chose ici...



