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Domaine étranger Les Nuits de laitue

octobre 2015 | Le Matricule des Anges n°167 | par Franck Mannoni

Les Nuits de laitue

Placé sous le thème de l’absence, le roman de la Portugaise Vanessa Barbara comble le vide laissé par le deuil. La vérité crue, « Lorsqu’Ada est morte  », laisse immédiatement place au réel le plus élémentaire, « le linge n’avait même pas eu le temps de sécher ». Et le ton est donné : décalé. Car dans le quartier d’Otto, le veuf, s’agite une population sympathiquement originale. Le vieil homme, perché sur une colline, dans sa maison jaune, reclus et bougon, n’a d’autres choix que d’accepter leurs excentricités. Au rang des bigarrés, Nico, qui travaille dans une pharmacie. Le jeune assistant, passionné par les notices de médicaments, rêve de devenir champion de natation. Un facteur fantasque, qui intervertit les destinataires, fait sa tournée en chantant des ritournelles absurdes. Iolanda, septuagénaire à moitié sourde, n’est pas en reste avec des phrases sibyllines qui font la joie des passants : « Il faut goûter le sucre au lieu de devenir sucre ».
Construit sur une succession de flash-back, d’anecdotes et de portraits, Les Nuits de laitue démontre que la chaleur humaine peut aider à surmonter toutes les épreuves. Au fatalisme d’Otto, « À quoi bon insister  », répond la douce folie des protagonistes. Pour noyer le chagrin, le roman tourne à l’almanach. On apprend la liste de l’équipement du plongeur émérite, mais aussi que la Tchèque Héléna Matousková pouvait aligner 821 frappes à la minute sur sa machine à écrire : un record. Toutes choses anodines, mais qui font rebondir les discussions entre les personnages. S’écouter, se parler, peu importe de quoi, revient à retourner aux fonctions premières du langage : sortir de soi. L’anthropologie, la psychologie, la spiritualité et l’histoire hallucinante du vieux Taniguchi, directement inspirée de Hiroo Onoda, qui poursuivit seul la Seconde Guerre mondiale dans sa jungle philippine jusqu’en 1974, parachèvent cette joyeuse parade de cirque, un brin philosophe : « Ça ne sert à rien, mais c’est tellement génial ».
F. M.

Les Nuits de laitue Par Franck Mannoni
Le Matricule des Anges n°167 , octobre 2015.
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