La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Avril

juillet 2016 | Le Matricule des Anges n°175 | par Franck Mannoni

Roman d’anticipation et de politique-fiction, Avril plonge la France dans le chaos révolutionnaire d’une « dictature anticapitaliste libérale ». C’est la revanche des petits, des sans-grade sur les élites. Les têtes à couper ne sont plus nobles, comme en 1789, mais bourgeoises. Le Paris cosy bruit de rumeurs. Les arrestations arbitraires inquiètent les nantis, à juste titre puisque les rafles se multiplient : « On avait 52 chefs d’entreprise à choper, tout se faisait la nuit. » Témoignages des acteurs comme des victimes, extraits de journaux télévisés, de décrets de la Convention : Jérémie Lefebvre fait feu de tout bois pour donner le pouls d’une nation en ébullition. Un zapping au vocabulaire chatoyant, dans lequel chaque classe sociale s’exprime avec la verve qui lui est propre. Si certains épisodes donnent le frisson, d’autres sont à la limite du comique et du grotesque. Monaco assiégé qui demande l’aide de l’Italie, des réfugiés aisés accueillis à Balmoral, château de la reine d’Angleterre, la suppression de la presse people ou l’interdiction de la chirurgie esthétique sont cocasses. Jérémie Lefebvre bouscule également les stéréotypes sociaux. Quand la Convention décide de déplacer de force les pauvres chez les riches et inversement, les premiers n’apprécient pas forcément de vivre dans les beaux quartiers : « Ici je me fais chier, même si c’est beau et y a de l’espace ». L’écrivain pointe les paradoxes d’un mouvement qui se prétend proche du peuple et dont la présidente habite un hôtel particulier rue de Sèvres. La situation insurrectionnelle réveille chez certains les plus bas instincts. Des zélateurs décomplexés font la cour aux organes de répression : « Bonjour, je viens pour signaler des personnes qui se cachent. Qu’est-ce qu’il faut faire, il faut remplir un formulaire ? » Cet instantané montre la grandeur et la décadence d’une population soumise à une situation de crise. Un avertissement qui utilise l’humour et la projection pour rappeler qu’« en matière de civilisations, la pérennité n’existe pas ».
F. M.

AVRIL
De JÉRÉMIE LEFEBVRE
Buchet Chastel, 130 pages, 13 e

Le Matricule des Anges n°175 , juillet 2016.
LMDA PDF n°175
4.00 €