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Domaine étranger Paroles en noir

janvier 2017 | Le Matricule des Anges n°179 | par Emmanuelle Rodrigues

Première anthologie en français du poète chilien Oscar Hahn, dont l’œuvre est marquée par la douloureuse expérience de l’exil.

Peine de vie et autres poèmes

Oscar Hahn le confie dans l’entretien retranscrit ici, l’art et a fortiori la poésie ne sont rien moins que l’héritage de l’humanité, « les signes de la vie humaine sur cette planète ». Pour cet écrivain chilien, dialoguer avec les œuvres aimées, notamment celles de Vicente Huidobro et de Luis de Gongorà, relève d’une véritable exigence. Né en 1938 à Iquique, Oscar Hahn a vécu essentiellement aux États-Unis. Son enfance le laisse tôt orphelin, puis l’exil le contraint, encore jeune homme, après son arrestation lors du coup d’État de Pinochet en 1973, à quitter le Chili pour l’Université d’Iowa, où il fera une carrière de professeur de littérature. En réponse à sa condition d’exilé, écrire permet dès lors de contrer le vécu traumatique dû aux violences de la dictature, mais prend aussi le sens d’une lutte avec la mort, toujours omniprésente. Ainsi, la solitude, la douleur et « les potentialités négatives de l’être humain », selon les mots de la traductrice, doivent-elles être à la fois mises à distance et comme évidées de leur part obscure. Les obsessions d’Oscar Hahn relient de la sorte son œuvre à celles de la littérature universelle, où l’interrogation de l’être humain sur son propre destin constitue un perpétuel motif d’adresse et de parole.
Cours de prisons, maisons aux chambres vides et sombres, et autres lieux d’enfermement, matérialisent la finitude par laquelle l’existence humaine se révèle close sur elle-même. La violence rapportée ici renvoie à celle des désastres dont l’histoire ne finit pas de prendre acte. L’homme au parasol, ou encore La Porte du voyage sans retour, ces deux poèmes dont l’un rappelle l’explosion de la bombe atomique à Hiroshima, et l’autre, la traite des esclaves, ne sont pas sans évoquer cette pulsion de mort définie par Freud. À l’origine de ses poèmes, Hahn déclare se saisir d’apparitions, autant d’éclairs non prémédités, qui surgissent, dit-il, « non pas de l’inconscient mais d’une couche plus profonde de la psyché ». La beauté d’une langue sobre et élégante, austère même, éloignée de tout lyrisme, s’élabore autour de polarités dont la force poétique tient justement à leur antagonisme, ainsi qu’à l’art de manier l’antithèse. Loin de se refermer sur lui-même, tel le « cercle incomplet » de Chemin d’imperfection, le sens est appelé à se poursuivre. C’est là toute la trajectoire que de ne pas en dévier, et comme l’affirme Après l’incendie : « Je dois ramasser mes décombres / leur donner la forme humaine qu’ils avaient et aller de l’avant ». Emmanuelle Rodrigues

Peine de vie et autres poèmes, d’Oscar Hahn, traduit de l’espagnol (Chili) par Josiane Gourinchas, Cheyne, 140 p., 23

Paroles en noir Par Emmanuelle Rodrigues
Le Matricule des Anges n°179 , janvier 2017.
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