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Événement & Grand Fonds Généalogie de la destruction

janvier 2017 | Le Matricule des Anges n°179 | par Sophie Deltin

Plastiqueur de la langue, Reinhard Jirgl excave le passé de deux familles allemandes, saisi sur plusieurs générations. C’est Le Silence, un roman phénoménal sur le mal, la violence et les filiations.

Quatre générations, c’est ce qui est annoncé dans le Décalogue comme limite à la transmission du mal (Exode 20, 5). Quatre générations – ou presque – qu’embrasse le nouveau roman de Reinhard Jirgl qui dissèque la question de l’héritage et de la transmission du mal, tous ces bas bruits montés du fond des corps, de l’esprit et du langage, à travers les méandres de deux lignées familiales aux prises avec les convulsions d’un siècle d’histoire.
Au cœur de l’intrigue menée tambour battant, un simple album de famille, des images photographiques dont le romancier potentialise le statut fragmentaire de mémoire et de perte. Georg Heinrich Adam, veuf et médecin berlinois à la retraite, l’a reçu autrefois des mains de sa belle-mère Johanna. Cent photos issues des deux branches de la famille, les Baeske et les Schneiderheit, originaires respectivement de Basse-Lusace et de Prusse orientale, qui se sont croisées pour la première fois en 1916 sur le front de la Somme, puis à la faveur du mariage que Werner Baeske a scellé avec Johanna Schneiderheit, dont est issue leur fille Henriette, la femme de Georg morte en 2000. Au cœur de l’été 2003, Georg se voit chargé par sa sœur Felicitas de se rendre à Francfort-sur-le-Main afin de remettre ce « caveau familial de papier » à son fils Henry sur le point de partir pour les États-Unis. Avant son départ définitif, le « fils » veut dire adieu non pas tant à son père qu’à son chien Max. On comprendra vite qu’entre ces « Père é : “fils” » il n’est rien d’autre qu’une incurable haine nourrie de ressentiment et de honte endurcie. En cristallisant « le ballast d’un passé funeste », l’album, dont « les 45 pages de gros papier brun velouté encollées d’une mort 100 fois figée » forment les 45 chapitres du livre, va servir de fil conducteur plus ou moins aléatoire aux multiples récits familiaux intriqués que relate Georg, relayé à de nombreux endroits par une chaîne d’autres voix narratives qui par-delà toute stricte linéarité chronologique, en viennent compléter les non-dits et les occultations peu ou prou délibérées car « Car il manque toujours – !toujours – Quelque Chose dès qu’on commence à chercher. C’est ce en quoi consiste le-sens du passé ». D’où l’enjeu de cette saga lancée à tombeau ouvert dans « la course de relais des-histoires=familiales : pour qu’un alphabet, des mots continuent de les relater au rythme d’une respiration bruyante. Afin qu’elles n’aient pas à s’arrêter. Car s’arrêter signifie Le Silence. »
Dans ce livre ironiquement « dédié à l’avenir », se déploie le motif nietzschéen de l’éternel retour car chez l’auteur des Inachevés (2007, cf. Lmda N°82) et de Renégat, Roman du temps nerveux (2010, cf. Lmda N°118), « ce qui a été revient, Rien n’est jamais surmonté, & ce qui naît n’a pour avenir que la Mort ». Telle une malédiction, « Le Passé ne lâche pas prise » et les membres d’un clan s’en trouvent « ligoté(s) de fatalité », marqués par la perpétuation de « la tare=familiale, le défaut de...

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