La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie Poème en trois sections

février 2017 | Le Matricule des Anges n°180 | par Emmanuel Laugier

Poème en trois sections

Reprises, recadrages, déplacements, répétitions différées, tels sont les axes que l’écriture de Geoffrey Squires ne cesse d’ajuster dans ses poèmes, y cherchant l’angle juste de leur apparition. La citation de Merleau-Ponty qui ouvre l’opus dit clairement le jeu du monde qu’il entend porter à sa langue comme à sa condition : « Après tout, le monde est autour de moi, non devant moi ». Ce qu’affirme l’auteur du fameux L’Œil et l’Esprit, à partir de cet « après tout… », est une révolution copernicienne de la perception. Celle-ci est secrètement préparée par tout ce qui entoure le sujet. Et c’est cela que prend à bras-le-corps la poésie de Squires. Dans Poème en trois sections, son quatrième livre traduit, par exemple ceci : « Une feuille agrandie / infinité de voir de ce qui est vu / le monde son étrangeté l’étrangeté / de petits mouvements et de la proximité / et pas d’intériorité en soi  ». Ce dégagement de soi rapproche cette absence d’intériorité de ce que Pierres noyées (1978) exposait déjà : « & à travers la porte un couloir / est visible, avec des carreaux blancs / et une petite fenêtre au bout // le jeu de lumière sur toute / chose // sur les objets sur la table / les assiettes luisantes dans le buffet / hors de l’obscurité comme / des lunes blanches  ». La vue et ce que l’on croit voir, sont plongés dans une antériorité de strates perçues, les dire revenant alors à agencer un millefeuille d’informations. Suivant en cela les multiples héritages de l’objectivisme américain – travailler l’écriture en la conduisant vers un « opening of the field » maximal –, Geoffrey Squires croise toujours sans linéarité les données de l’espace et du temps, avançant, ici, vers des pierres luisantes, là vers une « brume sur toute chose  » tombée, ou encore vers ceci : «  petits feux dans les collines voisines et le son de la mer / qui bat au creux de la baie / pas une sensation d’arrivée mais juste d’écho / réverbération dans l’obscurité, bruits de pas / entre les silences, un chien qui aboie dans l’espace  ».
C. P.

Poème en trois sections de Geoffrey Squires
Traduit de l’anglais (Irlande) par François Heusbourg, éditions Unes, 76 pages, 16

Le Matricule des Anges n°180 , février 2017.
LMDA papier n°180
6.50 €
LMDA PDF n°180
4.00 €