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Domaine étranger Un moustique dans la ville de Erlom Akhvlediani

septembre 2017 | Le Matricule des Anges n°186 | par Éric Dussert

La littérature géorgienne n’est pas à ce point représentée en France qu’on puisse se permettre de bouder le roman du scénariste et écrivain Erlom Akhvlediani (1933-2012), Un moustique dans la ville. Loin des canons de la littérature de consommation qu’on nous sert habituellement, le livre d’Akhvlediani est à Modiano ce que le cinéma de Paradjanov (mettons Greenaway pour ceux qui ignorent le réalisateur géorgien de Sayat Nova) est aux films de Besson. Le dépaysement est total.
Le cicérone qui nous est fourni est un moustique désorienté aux yeux bleus, bien décidé à trouver « son » assassin, c’est-à-dire l’homme qui le soulagera de sa triste existence depuis que tous ses frères et sœurs ont disparu dans l’assèchement des marais. « Quel vaste cimetière je suis ! » constate-t-il… Imaginé avec une décontraction tout artiste, il occupe un espace débraillé tenant de la fable, de la promenade onirique et du récit. Ce moustique zonzonne néanmoins agréablement aux oreilles de qui sait se laisser porter par la redondance des vagues narratives et l’ambiance résolument anti-conventionnelle qu’un Akhvlediani amusé installe en décrivant son activité d’écrivain.
Convaincu que son destin est tragique, le moustique finit par trouver son bourreau, mais celui-ci refuse d’écraser l’animal. Durant sa quête suicidaire, l’animal nous aura offert un lot varié d’étrangetés humaines et de soûlographies narcotiques qui se déroulent au sein d’une société épurée des adultes où l’amour compte encore des fidèles.
Ce roman astringent qui déroge à la bienséance linéaire et au confort du lecteur mérite d’être salué pour son goût et ses paysages inattendus. Au terme de la lecture, on le classera aux côtés des préfaces folles de Macedonio Fernández et des bombes d’Andréi Biély. Bref, ne pique (bienveillamment) que les lecteurs aguerris.

Éric Dussert

Traduit du géorgien par Isabelle Ribadeau Dumas et Rusudan Turnava, Le Serpent
à plumes, 174 pages, 17

Un moustique dans la ville de Erlom Akhvlediani Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°186 , septembre 2017.
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