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Domaine étranger Les Géants

mars 2018 | Le Matricule des Anges n°191 | par Thierry Guinhut

Les chevaliers gothiques devaient combattre de dangereux géants. Si avec Don Quichotte ils sont avec certitude devenus purement imaginaires, ils n’en restent pas moins fascinants. Venus des romans de chevalerie médiévaux, de L’Arioste, de Boiardo ou de la Table ronde, ils font l’objet d’un portrait polymorphe, en soixante-dix petits récits et essais par Ermanno Cavazzoni. Les voici balourds et brutaux, voire « péronistes  ». Quand ils ne combattent pas – pour être souvent occis – ils excellent en « concours de force, fanfaronnades, joie débridée, plaisanteries grasses et bruyants concours de rots et de pets ». Ils sont en effet « inaptes à l’idée de civilisation » et sont avérés avoir des « origines de sauriens mahométans ratés ».
Quant aux rares géantes, elles sont « peu excitantes » : se perpétuer n’est donc pas un mince exploit. La race finira par disparaître, décimée de surcroît par les croisés et autres chevaliers. Ce qui pousse notre auteur à se demander : « Et si je m’éteignais, comme les géants ? » Leur seule trace se trouve parmi les cas psychiatriques, des « crétins » et des « flemmards », qu’il ne faut cependant pas provoquer.
Entre érudition facétieuse et burlesque, l’Italien Ermanno Cavazzoni se moque de ses cibles à grands bruits, non sans une secrète tendresse. Un humour rabelaisien jamais démenti anime la prose de ce chroniqueur et encyclopédiste de l’imaginaire. Notre poète comique est non moins roboratif, et plus gouleyant, que le Manuel de zoologie fantastique de Borges, avec lequel il entretient d’implicites relations, puisque l’on y croise quelques-uns de ses animaux fréquentés par les géants, comme le catoblépas. Familier des travaux de l’Oulipo, Ermanno Cavazoni est également complice d’Italo Calvino : pensons à son Chevalier inexistant. Cette nébuleuse d’écrivains redevables du merveilleux s’enrichit d’un nouveau géant…

Thierry Guinhut

Les Géants d’Ermanno Cavazzoni
Traduit de l’italien par Monique Bacelli, Le Nouvel Attila, 256 pages, 21

Le Matricule des Anges n°191 , mars 2018.
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