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Domaine étranger Une ville à cœur ouvert

mars 2018 | Le Matricule des Anges n°191 | par Camille Cloarec

Une ville à cœur ouvert

Comme des poupées russes embrochées sur une même flèche » : telle est la comparaison qu’utilise la narratrice pour décrire la relation qui l’unit à sa mère, sa grand-mère et son arrière-grand-mère. Cette dernière, Stasia, venue s’installer dans la Lwów polonaise, est à présent une très vieille femme fâchée avec son entourage, intraitable et décatie. Elle vit avec sa fille, Aba, handicapée par une maladie qui rend son corps « lourd et réfractaire, grossier, pareil aux appareils soviétiques qui tombaient en panne sans arrêt », qu’elle a forcée à devenir médecin malgré ses aspirations artistiques. Marianna, fille d’Aba et mère de la narratrice, est une cantatrice engagée pour l’indépendance de Lvov désormais russe, future Lviv ukrainienne d’aujourd’hui.
Derrière ces personnages aux destinées contrastées, l’on devine le véritable protagoniste du premier roman de Zanna Sloniowska, qui n’est autre que la ville dans laquelle elle est née. Son histoire mouvementée marque une empreinte indélébile sur chacun de ses habitants, qu’il soit un militant ou un spectateur passif, car ils sont les seuls à pouvoir « lire la ville comme un livre ». Le thème de l’identité est ici fondateur : il y a les locaux, dits « cornus » (Ukrainiens de souche), et les autres, au passé étranger. L’auteure, derrière la jeune voix de son héroïne, questionne ainsi les relations familiales, le lien à la langue (elle-même choisit d’écrire en polonais) et le mystère de la vocation. La généalogie dressée par Une ville à cœur ouvert est parcourue de sacrifice, de passion amoureuse et d’inspiration artistique. L’ardeur que chacune de ces femmes, sur quatre générations, met à vivre, à aimer et à lutter se rapproche de l’abnégation. La campagne anti-alcool menée par Gorbatchev, l’affiche du dernier film de Tarkovski, les tickets de rationnement sont autant de marqueurs éphémères, qui ne résisteront pas au poids du temps : seule demeurera cette forme de dévouement désintéressé que cette famille, et plus largement les citoyens de Lviv, poussent jusque dans ses derniers retranchements.

Camille Cloarec

Une ville à cœur ouvert
de Zanna Sloniowska
Traduit du polonais par Caroline Raszka-Dewez, Delcourt, 240 p., 15

Le Matricule des Anges n°191 , mars 2018.
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