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Entretiens Les fantômes de Hoda Barakat

octobre 2018 | Le Matricule des Anges n°197 | par Catherine Simon

Affreux, sales et errants : l’écrivaine libanaise donne voix, dans Courrier de nuit, à ces naufragés qui n’ont nulle part où se poser et vivre.

Arrivée en France en 1989, c’est avec son premier roman, édité à Londres en 1990, traduit en français en 1996, que Hoda Barakat s’est fait connaître en Europe : La Pierre du rire racontait l’irrésistible transformation de Khalil, un jeune homosexuel timide, rattrapé par la guerre (du Liban) et ses diktats mortifères. Dans Courrier de nuit, son dernier-né, roman polyphonique peuplé de voix sans visages, Hoda Barakat met en scène des voyageurs anonymes, des naufragés, chacun saisi à un instant précis de sa vie. Un instant suspendu, comme le pas du guetteur, au creux de la nuit : le temps, pour chacun.e, d’écrire une lettre. En transit dans une chambre d’hôtel ou un aéroport, ils et elles se racontent, décrivent des drames familiaux ou des enfances blessées, se mettent à haranguer leurs proches, mère, frère ou amant.e, à se plaindre, à se confesser, parfois à menacer… Leurs lettres se suivent, à la façon des « cadavres exquis », mais aucune n’arrive à bon port. L’incommunicabilité humaine, déjà pointée dans La Pierre du rire, atteint ici son paroxysme.
En presque trente ans, au fil de ses livres – romans, nouvelles, pièces de théâtre – travaillant toujours plus finement l’architecture de ses récits, utilisant toute la gamme d’une écriture tour à tour sèche et somptueuse, Hoda Barakat, née en 1952 à Beyrouth, explore inlassablement les thèmes de la métamorphose, de la folie, du pays perdu, du départ sans retour. Et de la guerre, bien sûr, que ceux et celles qui l’ont vécue, comme elle, trimballent ad vitam dans leur chair et dans leur tête.
Lauréate en 2000 du prix Naguib-Mafouz pour Le Laboureur des eaux, son troisième roman, Hoda Barakat, finaliste du prix Man Booker International en 2015, s’est vu décerner, en 2017, le prestigieux prix Al Owais (Dubaï) pour l’ensemble de son œuvre – aujourd’hui traduite en une quinzaine de langues. C’est dans son petit appartement du 20e arrondissement de Paris, sis, cela ne s’invente pas, rue des Partants, qu’elle a accepté de nous recevoir.

Dans Courrier de nuit, le premier personnage à faire entendre sa voix est un étranger sans papiers : rudement, douloureusement, il s’adresse à une femme, qu’il aime peut-être et qu’il fuit. Mais c’est une autre femme, de passage dans une chambre d’hôtel, qui tombe sur sa lettre… et se met à écrire à son tour, « pour tromper l’attente », dit-elle. Elle aussi est une étrangère. Elle interpelle un vieil amant, un homme qu’elle a aimé il y a plus de vingt ans. D’autres « lettres » vont suivre, celle d’un assassin sans remords, un ancien torturé devenu tortionnaire, celle d’un homosexuel ayant fui son Orient natal et qui se retrouve SDF en Europe, celle d’une prostituée de haut vol, mère indigne comme le fut la sienne, et qui fuit d’un pays à l’autre… Mais à qui écrivent-ils en fait ? Leur manière de s’exprimer relève du monologue.
Ce sont des gens qui s’écrivent à eux-mêmes. Ou bien qui m’écrivent à moi ? Ces gens ne pèsent rien, ils ne...

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