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Domaine français Vies conjugales

avril 2019 | Le Matricule des Anges n°202 | par Flora Moricet

En renouant avec le genre de la nouvelle, Bernard Quiriny pallie un manque dans le paysage éditorial français, que l’on pouvait déjà regretter à la lecture de son dernier recueil Histoires assassines. L’auteur belge, désormais reconnu comme maître dans l’art de la concision et de l’intensité, s’attache avec Vies conjugales à des mystères drôles, étranges et non dénués de poésie. Un concours de voyage organisé par un club de sédentaires pour les phobiques du départ, un écrivain qui donne des interviews posthumes, des gens qui meurent au lieu même de leur naissance, une maladie qui consiste à répondre aux questions en décalage jusqu’à des années d’intervalle… autant de scénarios qui inspirent à eux seuls un humour réjouissant.
Ne se contentant pas d’une trouvaille, Bernard Quiriny déploie les meilleures stratégies narratives pour emporter le fantastique jusque dans les détails et nuances les plus absurdes. Comme dans ce village où les gens ne vieillissent ni ne meurent, « sauf certains une fois de temps en temps », « ou alors deux fois  ».
L’auteur de ce quatrième recueil n’est pas avare de jeux avec la langue. En témoigne la nouvelle toute perecquienne, « Contraintes », qui inventorie les livres d’une maison d’édition publiés selon certains protocoles, comme la collection « Suisse/Suicidés » ne comprenant que des écrivains suisses suicidés. Dans un bouquet final d’humour, un panel des dédicaces de livres les plus grinçantes dont celle adressée, dans les sillons de l’Oulipo, à un nom trouvé au hasard dans l’annuaire : « les critiques à qui j’envoie habituellement mes romans ne les lisent pas. Je vous adresse donc le nouveau, à vous. J’imagine que vous aurez la curiosité de l’ouvrir. J’aurai au moins un lecteur. »
Les préfaces successives d’un roman devenant l’œuvre elle-même ou l’exposition sans œuvre font écho à Œuvres d’Édouard Levé, liste des œuvres d’art que l’écrivain ne réaliserait jamais. Seul regret peut-être : ne pas voir chez Quiriny l’auteur s’exposer un peu plus, en franchissant la distance du conteur qu’il maîtrise, c’est certain, avec brio. Flora Moricet

Vies conjugales de Bernard Quiriny
Rivages, 200 pages, 18,50

Le Matricule des Anges n°202 , avril 2019.
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