La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Les bidonvilles de la Ve

avril 2019 | Le Matricule des Anges n°202 | par Éric Dussert

Medhi Charef est la preuve incarnée que la littérature a un effet sur le monde. Avec sa seule obstination pour viatique, armé de Robinson Crusoé et du Grand Maulnes, il a agi sur le monde, et sur sa propre vie. Il était ouvrier lorsqu’il a publié Un thé au harem d’Archi Ahmed (Mercure de France, 1983). Son père était terrassier, il est affûteur en usine. Son goût des mots, sa perpétuelle rêverie et la violence de son expérience d’enfant déraciné des sables d’Algérie pour la boue des bidonvilles de Nanterre l’ont poussé à écrire. Son livre est un succès colossal, on ne peut l’avoir oublié. Il devient scénariste, réalisateur, il écrit d’autres livres, une pièce de théâtre et il fait retour sur ses années d’enfance qui se sont déroulées au milieu des cabanes de la Rue des Pâquerettes, dans cette banlieue indigne où la Ve République et ses patrons cyniques entassaient la chair à reconstruction.
Autour de la figure de sa mère qu’il adule, Medhi Charef reconstruit petit à petit son univers d’alors. Il y dispose la faim et les violences des militaires français qui traquent le « rachitique » pour lui envoyer des piqûres de vitamines, à son grand dam, la mort de la grande sœur noyée dans le puits familial, l’exil vers la France, le père au rêve détruit, l’école et l’instituteur bienveillant, le café qui dispose de la télé et permet de voir l’ex-institutrice devenue prostituée, le militant mao qui donne des cours de rattrapage – mais part avec cette précieuse amie du petit –, le cinéma et son drôle de patron, la copine juive de Beni-Oussine retrouvée au détour d’un don de vêtements, la grande boucherie des moutons le jour de l’Aïd, une vie de gosse en somme. Et comme dans le Thé au harem d’Archi Ahmed, ce même élan affectueux pour les êtres, la même simplicité, qui prouve que l’empathie n’est pas pour la littérature un moteur inefficace. Notre besoin de consolation, disait Stig Dagerman…

Éric Dussert

Rue des Pâquerettes, de Medhi Charef
Hors d’atteinte, 252 pages, 17

Les bidonvilles de la Ve Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°202 , avril 2019.
LMDA papier n°202
6.50 €
LMDA PDF n°202
4.00 €