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Poésie Fut bâti de Jean Daive

avril 2019 | Le Matricule des Anges n°202 | par Emmanuel Laugier

Fut bâti est le deuxième livre paru en 1973 (Gallimard) de Jean Daive, après Décimale blanche (Mercure de France, 1967), traduit en allemand par Paul Celan quelques mois avant sa mort. Werner Hamacher entreprit à Berlin, dès 1979, la traduction de Fut bâti, et l’envoya à l’éditeur Suhrkamp accompagnée d’une note de lecture. Lettre morte, ou perdue, son traducteur ne retrouva la trace de sa traduction qu’en 2018. Cette édition bilingue voit donc le jour en même temps qu’elle rend accessible la lecture en français d’un livre épuisé depuis plusieurs décennies. Composé de sept cycles (Monde à quatre verbes, Universaux, Le Palais des quatre heures, Buisson de l’infernal, Autour du rongeur, Fut bâti), Fut bâti expose selon Hamacher une « blessure inguérissable » dont l’hyperbole se déploie « ni à partir d’un centre thématique, ni selon une forme close telle que la préserve (…) la structure même de la syntaxe ». Comme si le livre entraînait « le lecteur dans une “lecture où l’œil ne voit plus” ». Cette balance paradoxale, lecture à l’aveugle, et comme hors de tout repère spatial (de temps et d’espace), chaque série de poèmes ne cesse d’essayer d’en saisir le terme, voire d’y heurter son lecteur, ainsi que dans « Buisson de l’infernal » « toutes choses tous langages comme formes mentales/emportées de mondes/instrumentaux/et moi (et moi)/nous nous voyions à l’infini l’un dans l’autre//forêts plaintes naissances/ma tête de têtes reflétée/éblouie/sous les ruissellements terrestres  ». Comme dans « Fut bâti », « heurt de sommeils/le/langage/resserré/autour de cordon/des/mondes//hantée/par la racine la plus noire/une/pierre inaccomplie/ interne/la tour à langages/qu’un fibrome/ lentement pourrit » hante une nuit inextricable de peurs et d’assauts restés irreprésentables. Les choses (nuit, jour, etc.) étant toutes laissées sur le bord le plus lointain de leur propre extériorité, et le dehors, inaccessible, comme sorti de lui-même.
E. L.

Édition bilingue français/allemand,
traduction de Werner Hamacher,
Engeler verlag, 178 pages, 18

Fut bâti de Jean Daive Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°202 , avril 2019.
LMDA papier n°202
6.50 €
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4.00 €