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Domaine étranger Nouvelles triestines, de Giorgio Pressburger

juillet 2019 | Le Matricule des Anges n°205 | par Thierry Guinhut

Une carte de la ville de Trieste ne serait pas inutile pour accompagner ces Nouvelles triestines. Chacun de ces sept récits est lié en effet à une rue, un quartier, qui n’ont pas grand-chose de prestigieux. Comme leurs personnages, qui sont souvent des vieux, entrepreneurs plus ou moins retraités, dames vénérables. Les voilà un brin toqués, parfois artistes velléitaires. L’un n’écrit que deux pages de roman, l’autre achète des tableaux anciens ou cache un rare talent de pianistique, comme « Frau Musika », qui réussit son dernier et mortel concert.
Mais l’art est toujours menacé. Les bruits obscènes de la vie chassent les élèves de « Frau Musika », une vieille femme aux ardeurs sexuelles et amoureuses incessantes sème la confusion entre deux amis amateurs de peinture et de ventes aux enchères. La mort surtout attend son heure auprès de nos anti-héros, qu’ils laissent leur fortune à leur femme de ménage slovène, ou finissent, à la veille de succomber au cancer, par assouvir une vengeance matrimoniale. Insaisissable, « Margot la folle » hante la ville, quand la belle inconnue excentrique comme une actrice du café Tomaseo fait fantasmer son monde par son silence, avant de se changer en virago. Le bouquet de nouvelles est âcre et tendre, satirique et pathétique, amusant comme l’absurde. À l’acuité psychologique répond la vacuité métaphysique.
Si les deux dernières nouvelles sont moins convaincantes, le recueil est souverain et entraînant, tendu entre réalisme sordide et comique irrésistible. « Une passion » a des relents de tragédie grecque, non sans parodie : véritable Erinye, la mère de Télémaque lacère les tableaux précieux et lourdement érotiques. Giorgio Pressburger a quitté les vastes romans dantesques des noirceurs du XXe siècle, dépeintes dans L’Obscur royaume, pour rejoindre la sphère des écrivains triestins, d’Italo Svevo à Joyce et Umberto Saba.

Thierry Guinhut

Nouvelles triestines, de Giorgio Pressburger
Traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli,
Actes Sud, 176 pages, 19,50

Nouvelles triestines, de Giorgio Pressburger Par Thierry Guinhut
Le Matricule des Anges n°205 , juillet 2019.
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