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Poésie Alite Ma Non Troppo

juillet 2019 | Le Matricule des Anges n°205 | par Emmanuel Laugier

Avec ce livre au titre énigmatique, Mathieu Nuss, comme il le fit brillamment avec son Arrosé l’arroseur (Rehauts, 2017), nous donne à entendre une poésie en prose dont les inflexions et la densité de perceptions stupéfient. Quel que soit le sujet d’inclinaison de chacun des paragraphes du livre, qu’il soit repéré, précisé ou insituable pour le lecteur, l’exercice du poète alité (?) consiste à ralentir (un poco ma non troppo) les sensations (visuelles et auditives), pour œuvrer à l’assise de leur syntaxe. Y compris lorsqu’une ligne, à la vitesse sidérante, déploie en un minuscule point cette articulation (« Des faits-minutes qui pointillent sitôt dits, qui crissent  ») ou la déplie et la serre à la fois : « Aujourd’hui jour de renfort – midi porte du boire glacé sur les dents de la montagne ». Poésie comme une « muette embuscade  » dans laquelle, « en trompe-l’œil grammatical  », on suivra la « fumée anthracite laissée par le moteur d’une pensée  » ou, exemple général, ces « nuits sans encres profitables, où de transferts de couleurs n’ont lieu qu’en machine à laver les linges  ». Poésie du déplacement et de l’inscription, dont la phrase est le process instable d’écoute, écrite à de multiples endroits sous la dictée de la musique (Monteverdi, Carter, Mompou, Crumb, Combier, Pesson, Nono), sous influence d’un tympan musiqué ou sous le gong de lignes sonores : « comme verse un éboulis : sombre noir – quasi excavé – puis furtivement cendré – cendres de plus en plus instables – sombre  » où « une pluie de gongs approche, le clignement d’un essaim insiste, accroche qui écoute, avant d’accomplir une distanciation rapide ». Le geste scriptural de poètes (Hubin, De Seynes, Watteau, Du Bouchet, Cingria), de peintres (Pontormo, Lascaux), est aussi scruté comme une balistique, jusqu’à infuser dans la phrase de Nuss, à l’exemple de la détermination des pies « dans le viseur (…), le fusain qui remplit leurs pupilles, qui salit (…) la rapacité de leurs rebonds répétés  ».

E. L.

Alité ma non troppo de Mathieu Nuss
L’Étoile de nuit, 56 pages, 12

Le Matricule des Anges n°205 , juillet 2019.
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